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Des opposants prennent le contrôle d'administrations régionales

Les sièges des administrations régionales de deux grandes villes du sud du Kirghizstan sont tombés entre les mains de partisan de Kourmanbek Bakiev, le président renversé après la révolte de Bichkek durant laquelle 86 personnes avaient péri.

AFP - Des opposants au gouvernement provisoire du Kirghizstan ont pris le contrôle jeudi des sièges des administrations régionales dans les deux principales villes du sud du pays, Och et Djalal-Abad, signe que les tensions restent vives un mois après une révolution sanglante.

Les manifestants sont des partisans des ex-gouverneurs des régions de Och et Djalal-Abad et réclament qu'ils soient ré-institués. Le gouvernement provisoire les avaient limogés après la révolte d'avril à Bichkek (86 morts) qui avait fait tombé le président kirghiz, Kourmanbek Bakiev.

Un porte-parole de la région de Och a indiqué à l'AFP que quelques centaines de personnes avaient pris le contrôle du siège de l'administration dans la matinée, alors que des médias locaux font état de plus de mille personnes.

La radio indépendante Azattyk a rapporté un scénario similaire à Djalal-Abad, le bastion du président déchu. Par ailleurs, une cinquantaine de personnes ont réussi à entrer dans le siège de l'administration de Batken, troisième région du sud du Kirghizstan.

"Ce soir, des partisans du régime de Bakiev sont venus sur la place face à l'administration (de Djalal-Abad), puis ils ont enlevé le gouverneur Bektour Assanov, venu à leur rencontre pour des négociations", a assuré un employé de l'administration. Aucune source officielle n'a confirmé cette information.

Ces nouvelles tensions sont un nouveau test pour les autorités provisoires, dont l'arrivée au pouvoir avait dés le début suscité la méfiance dans le sud.

La stabilité de ce pays stratégique est clé pour les Etats-Unis qui y disposent d'une base militaire essentielle au déploiement des troupes en Afghanistan.

Le gouvernement provisoire a fait savoir dans un communiqué que des négociations étaient en cours avec les manifestants, mais son chef, Rosa Otounbaïeva, a prévenu qu'elle ne céderait pas aux exigences des opposants.

"Actuellement, des négociations sont en cours pour stabiliser la situation, a indiqué le communiqué du gouvernement, alors que Mme Otounbaïeva s'est engagée à "anéantir les désirs des revanchards".

Les autorités intérimaires ont chargé le ministre de la Défense, Ismaïl Isakov des négociations avec les manifestants de Och, Djalal-Abad et Batken. Selon la radio Azattyk, il serait déjà dans le sud de ce pays ex-soviétique d'Asie centrale.

Les partisans du président déchu ont assuré pour leur part n'avoir aucun lien avec les événements de jeudi dans le sud du pays, tout en renouvelant leurs critiques à l'égard du gouvernement provisoire.

"Nous n'avons aucun lien avec cette action", a déclaré Janara Moldokoulova, porte-parole du Comité de soutien à M. Bakiev, insistant cependant sur la légitimité de l'ex-chef de l'Etat, exilé au Bélarus.

Le sud du Kirghizstan, bastion du président déchu et de ses proches, est considéré par des analystes comme le principal foyer d'opposition au gouvernement provisoire, plus populaire dans le nord du Kirghizstan.

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