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Au lendemain du coup d'envoi de la campagne pour les législatives, la chambre des Communes accueillait les chefs des trois grands partis pour la dernière fois avant la dissolution du Parlement. Économie et défense étaient au centre des discussions.

AFP - Au lendemain du coup d'envoi officiel de la campagne pour les législatives du 6 mai qui s'annoncent très serrées, les chefs des trois grands partis britanniques avaient rendez-vous mercredi pour un dernier affrontement à la chambre des Communes, avant de sillonner le pays.

Le Labour du Premier ministre Gordon Brown se bat pour un quatrième mandat qui serait historique, alors que les conservateurs de David Cameron espèrent revenir aux affaires après 13 ans dans l'opposition, même s'ils ont vu leur avance dans les sondages menacée ces dernières semaines.

Le premier prendra beaucoup le train, et le second l'avion, à en croire le Times.

Les deux hommes devaient lancer les dernières salves de la législature lors des questions hebdomadaires à la chambre des Communes à midi (11H00 GMT), avant la dissolution du Parlement lundi prochain.

L'économie constitue le principal enjeu des élections alors que la Grande-Bretagne sort à peine d'une profonde récession. Et Gordon Brown a attaqué à nouveau mercredi les projets des Tories, qui risquent selon lui de menacer la fragile croissance économique du pays.

Le Premier ministre a souligné que "la Grande-Bretagne était sur le chemin de la reprise", appelant les électeurs "à ne pas la mettre en danger", lors de l'émission matinale de la chaîne GMTV.

Il a critiqué les conservateurs qui s'opposent à une hausse des cotisations sociales prévue par le Labour, alors que la Grande-Bretagne a vu sa dette accumulée atteindre 68,1% du PIB en 2009.

"La politique des conservateurs priverait de 6 milliards de livres (de recettes) l'économie. C'est une somme énorme qui serait soustraite à l'économie (...) ils mettraient la reprise en danger", a-t-il souligné.

Gordon Brown, qui a visité mercredi matin à Londres avec son épouse Sarah la société Innocent qui produit des jus de fruits, devait participer mercredi après-midi à une séance de "questions hebdomadaires du peuple", organisée en réplique à la traditionnelle séance de questions hebdomadaires au Parlement à laquelle se livre le Premier ministre.

Le leader de l'opposition, David Cameron, a lui aussi assuré sa présence dans les médias dès le matin, apparaissant en T-shirt noir et gilet fluorescent de cycliste, sur les écrans de la BBC.

"Ce sera une longue campagne, je le sens", a déclaré M. Cameron qui devait partir dans la journée présenter son programme dans le nord de l'Angleterre et au pays de Galles.

Nick Clegg, le leader du parti libéral-démocrate, qui pourrait détenir la clef du scrutin, si ni le Labour ni les conservateurs ne décrochent une majorité absolue, a appelé de son côté les électeurs à délaisser "les vieux partis".

"Les deux vieux partis, le Labour et les conservateurs, même s'ils tentent d'exagérer leurs différences, sont tout a fait sur la même ligne concernant la réforme du secteur bancaire, des impôts et du système politique", a-t-il martelé.

Le leader des libs dems, crédité de 17% à 21% des votes dans les sondages, a refusé jusqu'à présent de dire quel parti il pourrait soutenir dans le cadre d'une possible alliance après les élections.

Gordon Brown devait annoncer mercredi des projets de référendum en vue de réformer le système électoral, si le Labour remporte les élections, dans un clair appel du pied aux libéraux-démocrates qui réclament l'introduction d'une dose de proportionnelle dans les scrutins.

Le Labour envisage un référendum sur "un système de vote alternatif" et un autre sur la réforme de la chambre des Lords, selon plusieurs médias.