
Des secouristes déblayent les décombres d'une maison fortement endommagée à la suite d'une frappe russe sur un quartier résidentiel de Kiev, en Ukraine, le jeudi 14 mai 2026. © Evgeniy Maloletka, AP
Au moins 24 personnes ont été tuées à Kiev selon les secours, dont trois enfants, après des bombardements russes dans la nuit de mercredi à jeudi. L'Ukraine a décrété vendredi 15 mai journée de deuil.
"Les secouristes continuent non-stop de fouiller les décombres à la recherche de personnes dans l'immeuble (qui s'est effondré) dans le quartier de Darnytskyi", ont annoncé, vendredi, les services de secours d'État, communiquant un nouveau bilan de 24 morts contre 21 précédemment. Quarante-sept personnes sont blessées.
Côté russe, des frappes ukrainiennes sur la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, ont fait trois morts et 12 blessés, ont annoncé, vendredi, les autorités locales. Et l'armée russe a dit avoir abattu 355 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi, notamment au-dessus de régions frontalières de l'Ukraine et de celle de Moscou.
En Ukraine, l'attaque de missiles et de drones de la nuit de mercredi à jeudi, survenue 48 heures après la fin d'un cessez-le-feu de trois jours à l'occasion des célébrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, est l'une des plus sanglantes à avoir visé dernièrement la capitale, plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a visé l'Ukraine avec 675 drones et 56 missiles russes dans la nuit de mercredi à jeudi, dont respectivement 652 et 41 ont été abattus par la défense.
Cette attaque a notamment touché une douzaine de districts de la capitale et de sa région. Dans celui de Darnytskyi, un missile "a littéralement rasé un immeuble résidentiel, du premier au neuvième étage", a déploré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, jeudi.
Il a accusé la Russie d'avoir lancé au total "plus de 1 560 drones" en moins de 24 heures. "Ce ne sont certainement pas là les agissements de ceux qui pensent que la guerre touche à sa fin", a-t-il écrit dans une allusion à une remarque de son homologue russe, Vladimir Poutine, le 9 mai.
Les alliés de l'Ukraine ont dénoncé cette nouvelle attaque, le président français, Emmanuel Macron, y voyant la preuve de la "faiblesse" de Moscou, qui "ne sait pas comment terminer sa guerre d'agression".
Les bombardements "montrent que Moscou mise sur l'escalade plutôt que sur la négociation", a déploré le chancelier allemand, Friedrich Merz, sur X.
Les pourparlers entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, sont en suspens depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Les seules avancées concrètes des négociations précédentes sont des échanges de prisonniers.
Le président Volodymyr Zelensky exhorte ses alliés à faire pression sur Moscou pour mettre fin à l'invasion russe lancée en février 2022.
Dans le sud du pays, un véhicule de l'ONU a également été frappé jeudi par des drones russes, sans que des blessés soient à déplorer, selon Volodymyr Zelensky. "Les Russes ne pouvaient ignorer quel véhicule ils visaient", a-t-il dénoncé.
À Kiev, des dégâts ont été recensés sur plus de "vingt sites à travers la ville", notamment des infrastructures civiles, a indiqué le président ukrainien.
"Tout était en feu. Les gens hurlaient", a témoigné auprès de l'AFP Andriï, un habitant de la capitale, la chemise tachée de sang.
Alors que les secours tentaient d'évacuer une victime coincée sous les gravats, une femme s'est écriée en larmes : "C'est sûrement Macha", a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.
Des journalistes de l'AFP avaient entendu de violentes explosions une grande partie de la nuit et observé les systèmes de défense antiaérienne entrer en action au-dessus de la ville.
Des échanges de prisonniers
La Russie et l'Ukraine ont par ailleurs échangé, vendredi, 205 prisonniers de guerre de chaque camp, ont annoncé les deux parties, une semaine après l'annonce par le président américain, Donald Trump, d'un accord portant sur un nouvel échange.
Dans un message sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a annoncé que 205 militaires, "dont la plupart étaient en captivité depuis 2022", étaient rentrés en Ukraine.
Quelques minutes plus tôt, l'armée russe avait indiqué que 205 de ses militaires avaient été rapatriés vendredi depuis "les territoires" contrôlés par Kiev.
Le précédent échange de prisonniers, portant sur 193 personnes de chaque camp, datait du 24 avril.
Le dernier échange au format "1 000 contre 1 000" remonte à mai 2025. Il incluait des militaires et des civils et avait été décidé à l'issue d'un cycle de négociations directes à Istanbul.
Avec AFP
