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Le directeur de la CIA a rencontré de hauts responsables cubains à La Havane
John Ratcliffe, le patron de la CIA, a rencontré jeudi des responsables cubains à La Havane. Selon les autorités cubaines, cette rencontre exceptionnelle visait à "contribuer au dialogue politique" entre les deux adversaires idéologiques, et ce alors que Cuba traverse une grave crise énergétique liée au blocus pétrolier de Washington.
Le directeur de la CIA John Ratcliffe, à Washington le 26 mars 2026. © Alex Brandon, AP

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi 14 mai à La Havane pour une réunion exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, ont indiqué les autorités de l'île, alors que Cuba, soumis à un blocus pétrolier de Washington, fait face à une très grave crise énergétique.

La CIA, sans donner plus de détails sur l'objet de la réunion, a publié sur son compte X des photos de la réunion montrant John Ratcliffe et sa délégation en réunion avec des responsables cubains. Parmi eux figurent Ramon Romero Curbelo, le chef des renseignements du ministère cubain de l'Intérieur.

Les autorités cubaines ont précisé que cette rencontre visait à "contribuer au dialogue politique" entre les deux adversaires idéologiques qui, malgré de fortes tensions, poursuivent leurs échanges.

Une réunion à un haut niveau diplomatique avait déjà eu lieu à La Havane le 10 avril. C'était la première fois qu'un avion gouvernemental américain se posait dans la capitale cubaine depuis 2016. 

Jeudi, La Havane a indiqué que les "éléments fournis par la partie cubaine et les échanges menés avec la délégation des États-Unis ont permis de démontrer catégoriquement que Cuba ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale des États-Unis".

Cuba, une "menace extraordinaire" pour les États-Unis

Donald Trump a signé fin janvier un décret présidentiel stipulant que l'île communiste, située à 150 km des côtes de Floride, représentait une "menace extraordinaire" pour les États-Unis.  Washington a ainsi justifié le durcissement des sanctions contre La Havane, déjà soumis à un embargo depuis 1962, et notamment l'imposition d'un blocus pétrolier de facto contre l'île depuis janvier. Donald Trump avait alors menacé de représailles tout pays souhaitant fournir ou vendre du pétrole à l'île caribéenne.

Le durcissement des sanctions américaines a provoqué une crise énergétique et économique sans précédent sur l'île de 9,6 millions d'habitants. La situation du réseau électrique reste critique, alors que le pays n'a plus de réserves de diesel ni de fioul. Les délestages à répétition ont provoqué des tensions sociales dans la nuit de mercredi à jeudi à La Havane. Des habitants ont manifesté leur exaspération en tapant sur des casseroles face à des délestages pouvant durer plus d'une vingtaine d'heures. 

La situation, déjà tendue ces derniers jours, a encore empiré jeudi matin, avec une déconnexion du réseau électrique de sept provinces sur 15. En fin de journée, quatre provinces n'avaient pas encore été reconnectées au réseau national, selon les autorités.  La compagnie électrique a aussi annoncé que la centrale thermo-électrique Antonio Guiteras, située à une centaine de kilomètres de La Havane et qui fournit le plus d'électricité au pays, est en panne en raison "d'une fuite dans la chaudière".

Une aide financière distribuée par l'Église catholique ?

Face à la complexité de la crise, le gouvernement cubain s'est dit "prêt" à examiner une proposition d'aide financière de 100 millions de dollars faite la veille par Washington qui exige que cette aide soit distribuée par l'Église catholique, sans passer par le gouvernement.

Estimant qu'une telle aide, si elle remplit les "standards" internationaux de l'aide humanitaire, ne rencontrerait "pas d'obstacles" de la part du gouvernement cubain, le président Miguel Diaz-Canel a cependant jugé qu'une levée du "blocus" imposé par les États-Unis serait une façon "plus simple" d'aider l'île.

Cuba est confrontée à une profonde crise énergétique depuis mi-2024, aggravée par le blocus pétrolier imposé par Washington. Depuis fin janvier, un seul pétrolier russe chargé de brut a été autorisé à accoster à Cuba. Sa cargaison est désormais épuisée.

La Havane accuse Washington d'être responsable de la situation critique du réseau électrique, tandis que les États-Unis estiment que la crise énergétique cubaine provient d'une mauvaise gestion économique interne. L'île a déjà connu sept pannes de courant généralisées depuis fin 2024, dont les deux dernières en mars.

Washington s'est par ailleurs félicité de la libération d'une dissidente, Sissi Abascal, condamnée à six ans de prison pour avoir participé aux manifestations antigouvernementales du 11 juillet 2021. L'ONG Cubalex a précisé que l'opposante, membre du mouvement dissident des Dames en blanc, partait en exil. 

Avec AFP