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Israël va poursuivre le NYT après un article sur les détenus palestiniens victimes d'abus sexuels
Suite à un article révélant des abus sexuels généralisés contre des détenus palestiniens, Israël a annoncé, jeudi, dans un communiqué, poursuivre en justice le New York Times pour diffamation. Le journal a accusé l'État hébreu de vouloir "étouffer le journalisme qui ne correspond pas à un certain discours".
Le bâtiment du New York Times à New York, le 22 janvier 2026. © Angela Weiss / AFP/Archives

La bataille judiciaire ne fait que commencer. Israël va poursuivre le New York Times à la suite d'un article dénonçant des abus sexuels généralisés contre des détenus palestiniens, a annoncé, jeudi 14 mai, le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, Gidéon Saar, ont donné instruction de "lancer une action en diffamation contre le New York Times", selon un communiqué conjoint publié par leurs bureaux.

Un affront à "l'information indépendante"

Le communiqué affirme que cette procédure est engagée "à la suite de la publication par Nicholas Kristof dans le New York Times de l'un des mensonges les plus odieux et falsifiés jamais publiés contre l'État d'Israël dans la presse moderne, avec en plus le soutien du journal".

Le New York Times a répondu que toute action en justice concernant cette "chronique d'opinion fruit d'un travail d'enquête approfondi" serait dépourvue de fondement.

"Cette menace, semblable à celle proférée l'an dernier, s'inscrit dans une stratégie politique bien rodée qui vise à discréditer l'information indépendante et à étouffer le journalisme qui ne correspond pas à un certain discours", a réagi dans un communiqué Danielle Rhoades Ha, porte-parole du journal.

"Un schéma de violences sexuelles" généralisées

L'enquête, publiée lundi sous forme de tribune par le chroniqueur Nicholas Kristof, s'appuie sur des témoignages recueillis en Cisjordanie occupée auprès de 14 hommes et femmes affirmant avoir subi des agressions sexuelles commises par des colons israéliens ou des membres des forces de sécurité.

Le reportage décrit "un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants — commises par des soldats, des colons, des enquêteurs du service de sécurité intérieure Shin Bet et surtout des gardiens de prison".

Selon l'article, "rien ne prouve que les dirigeants israéliens ordonnent des viols".

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait rejeté les accusations dès sa publication, affirmant que Nicholas Kristof s'était appuyé "sur des sources non vérifiées liées à des réseaux affiliés au Hamas", et accusant le journal d'avoir "délibérément" choisi la date de publication afin de "discréditer" un rapport israélien indépendant sur les violences sexuelles commises par le Hamas lors de son attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, publié le même jour.

Les forces israéliennes ont arrêté des milliers de Palestiniens en Cisjordanie depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché l'offensive israélienne à Gaza.

Avec AFP