
Le président américain Donald Trump (droite) et son homologue chinois Xi Jinping passent des troupes en revue le 14 mai 2026 à Pékin. © Kenny Holston, pool via AFP
Donald Trump et son homologue Xi Jinping ont entamé vendredi 15 mai à Pékin une ultime journée de discussions, après que le président américain a dit avoir décroché une offre d'aide pour rouvrir le détroit d'Ormuz et la promesse d'une importante commande de Boeing. "Il en est ressorti beaucoup de positif. Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays", a vanté Donald Trump.
Xi Jinping a accueilli Donald Trump par une poignée de main dans les jardins de Zhongnanhai, complexe abritant les hauts dirigeants chinois et proche de la Cité interdite dans le cœur de la capitale. Après un déjeuner de travail avec Xi Jinping, Donald Trump reprendra l'avion en début d'après-midi au terme de deux jours de visite d'État placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales.
Donald Trump repartira avec des paroles encourageantes de Xi Jinping sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient, a-t-il dit dans un entretien accordé à la chaîne Fox News. Xi Jinping lui a déclaré "avec force" qu'il ne fournirait pas de matériel militaire à l'Iran, a-t-il indiqué. Quant au détroit d'Ormuz, "il a dit : 'Si je peux être d'une quelconque aide, je serai ravi d'aider'", a assuré Donald Trump.
Le Débat Trump-Xi : d'égal à égal ?
Pékin a réclamé vendredi un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz "dès que possible", dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères en marge du sommet. Celui-ci a répété que le conflit "n'aurait jamais dû se produire" et que la Chine continuerait à jouer un "rôle constructif" dans les efforts de paix.
Risque de "conflit" entre Chine et États-Unis au sujet de Taïwan
Donald Trump a aussi rapporté la promesse d'achat, faite par son hôte selon lui, de 200 "gros" Boeing. C'est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d'une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. Il a enfin assuré que la Chine voulait acheter du pétrole et des produits agricoles américains, sans donner de chiffres.
La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l'Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l'effet des blocus iranien et américain, du détroit d'Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d'hydrocarbures, d'Iran mais aussi d'autres pays du Golfe.
L'Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s'employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue.
La situation au Moyen-Orient est l'un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent : Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d'accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle (IA) et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de "conflit" entre Chine et États-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de Xi Jinping ont dominé le premier jour de la visite.

La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des États-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu'il a cité l'historien de l'Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu'une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.
Donald Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. "Le président Xi a fait très élégamment référence aux États-Unis comme étant peut-être une nation en déclin", a-t-il dit. Mais selon lui, l'homme fort de Pékin avait à l'esprit les États-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l'Amérique actuelle. "Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd'hui, les États-Unis sont le pays le plus génial de la planète", a-t-il dit.
Avec AFP
