
Des habitants fuient un quartier à la suite d'affrontements entre gangs à Port-au-Prince, en Haïti, le 20 avril 2026. © Clarens Siffroy, AFP
Le pays le plus pauvre des Caraïbes continue d'être ravagé par la violence. Les affrontements violents plusieurs gangs dans la banlieue de la capitale haïtienne Port-au-Prince ont fait au moins 78 morts, dont 10 habitants non impliqués, depuis samedi, selon un bilan provisoire communiqué, jeudi 14 mai, à l'AFP par le Bureau des Nations unies en Haïti (Binuh).
"Les affrontements armés entre plusieurs gangs dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets ont fait au moins 78 morts et 66 blessés depuis le 9 mai", a indiqué le Binuh, précisant que 10 personnes tuées étaient "des membres de la population (5 hommes, 4 femmes et une jeune fille)".
Dans un pays terrorisé par les gangs, ces deux communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince avaient connu deux autres flambées de violence en mars et en avril, entraînant le déplacement de près de 8 000 personnes, selon l'ONU.
"Au total, entre le 5 mars et le 11 mai 2026, au moins 305 personnes ont été tuées, et 277 blessées, dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets", a précisé le Binuh jeudi, notant que 63 des personnes tuées sont des résidents (dont 17 femmes et 13 enfants), les autres étant des membres de gangs.
Une nouvelle escalade et des milliers de déplacés
La dernière escalade depuis le week-end a entraîné le déplacement de quelque 5 300 personnes fuyant les échanges de tirs.
Le bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha) a de son côté indiqué jeudi que, selon des organisations humanitaires locales, plusieurs familles demeurent coincées dans les quartiers touchés.
Un centre hospitalier et un hôpital de Médecins sans frontières ont également été contraints de suspendre leurs activités et d'évacuer leur personnel. Avant d'évacuer, Médecins sans frontières avait fait état de 40 blessés par balle pris en charge par l'hôpital en moins de douze heures.
Haïti est ravagé par la violence des gangs qui multiplient attaques sanglantes, enlèvements et viols. Et la situation n'a cessé de se détériorer ces deux dernières années.
Une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs est en cours de déploiement pour remplacer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), sous-équipée et sous-financée.
Mais à ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince. La nouvelle force a d'autre part annoncé jeudi l'arrivée de son commandant, le général mongol Erdenebat Batsuuri.
Avec AFP
