
Photo d'illustration de l'ailière française Joanna Grisez lors du quart de finale de la Coupe du monde de rugby féminin face à l'Irlande, le 14 septembre 2025. © AFP, Adrian Denis
Le XV de France féminin a ouvert le Tournoi des Six Nations par une large victoire en corrigeant l'Italie 40 à 7 et six essais à un, samedi 11 avril au stade des Alpes de Grenoble, après une première mi-temps brouillonne.
Avec leur nouveau sélectionneur François Ratier, les Bleues se sont finalement imposées assez facilement après le retour aux vestiaires, grâce notamment à la puissance de leur pack. Mais elles ont longtemps balbutié leur rugby, six mois après leur décevante quatrième place lors de la Coupe du monde 2025 en Angleterre.
"On veut être capables de jouer 80 minutes et de les martyriser devant", avait annoncé le sélectionneur des Bleues, ex-manager du Stade bordelais mais surtout ex-sélectionneur des Canadiennes, qu'il avait conduites en finale du Mondial 2014 en France.
Mais samedi ses joueuses ont longtemps oublié de rentrer dans le match, laissant d'abord la Nazionale monopoliser le ballon pendant dix minutes, avant de multiplier les approximations jusqu'à la mi-temps.
Pari réussi
Passes dans le vide, plongeons dans les regroupements, excès de précipitation : les Bleues ont gaspillé de nombreuses occasions, avec notamment cet essai de Joanna Grisez annulé à la demi-heure de jeu ou cette pénaltouche bêtement gâchée (35e) après qu'à chaque fois le maul bleu s'est totalement disloqué.
Successeur du duo Gaëlle Mignot - David Ortiz, Ratier avait procédé à un grand chambardement au sein du XV de France féminin, avec trois joueuses à zéro sélection au coup d'envoi et six au total sur la feuille de match.
Et le pari a été réussi, avec le seul essai de la première période signé de l'ailière catalane de Clermont Anaïs Grando (21e), sur une passe décisive de l'arrière toulousaine Pauline Barrat, qui étrennait elle aussi le maillot bleu, à la conclusion au large d'une pénaltouche parfaitement jouée cette fois.
Troisième novice dans le XV de départ, la talonneuse clermontoise Mathilde Lazarko s'est elle particulièrement illustrée par son activité défensive, avec déjà 14 placages lors des 30 premières minutes.
"On s'attendait à ce que ce soit compliqué d'entrée, surtout en début de tournoi, que nous, on ait des approximations c'était attendu", a assuré l'ancien sélectionneur des Canadiennes finalistes du Mondial 2014 : "On aurait espéré les gommer après une quinzaine de minutes, mais on était lents sur les rucks et on n'arrivait pas à mettre notre jeu en place".
"Il y a eu des imperfections techniques liées beaucoup à la tension", selon l'ex-manager du Stade bordelais féminin. "Mais on n'a pas mis la pression aux jeunes, on voulait qu'elles profitent du moment, qu'elles savourent", a précisé Ratier.
Une défense "Vauban"
Longtemps brouillonnes offensivement, en témoigne cette action où Grando oublie complètement sa capitaine Manae Feleu à l'intérieur (52e), les Bleues n'ont en revanche laissé aucun espace aux attaquantes italiennes. Si les combinaisons offensives restent à travailler, le système défensif "Vauban" concocté par Ratier, en hommage à l'architecte militaire de Louis XIV, a lui été assimilé !
Après le second essai bleu, signé par l'ouvreuse Carla Arbez (44e), c'est paradoxalement un coup du sort, la sortie sur blessure de Grisez (47e), qui a débloqué le XV de France, avec d'abord cet essai 100 % piliers, initié par un cadrage-débordement d'Assia Khalfaoui et conclu par Yllana Brosseau (54e), qui venait de remplacer Ambre Mwayembe. Puis l'essai du bonus, un nouvel essai d'avants, avec Khalfaoui à la conclusion cette fois, après une pénaltouche (60e).
Avant que l'ailière toulousaine Léa Murie (70e) puis sa partenaire Barrat (75e) donnent finalement au score une ampleur pas forcément méritée vu la rencontre.
Parties de Twickenham la tête basse le 27 septembre après une claque 42-26 lors de la petite finale du Mondial contre les Black Ferns néo-zélandaises, les Bleues ont retrouvé des couleurs, avant d'aller affronter les Galloises dans une semaine au Principality Stadium de Cardiff, puis de recevoir les Irlandaises à Clermont-Ferrand le 25 avril.
Avec AFP
