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Au Ghana, le Parlement donne son feu vert à une loi anti-LGBT+ très répressive
Le parlement ghanéen a adopté, vendredi, une loi anti-LGBT+ qui doit désormais être ratifiée par le président ghanéen afin d'entrer en vigueur. Le texte prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour une personne ayant eu des relations homosexuelles, et entre trois et cinq ans pour la "promotion, le parrainage ou le soutien intentionnel d'activités LGBT+".
Des personnes se rassemblent devant la Haute Commission du Ghana à Londres le 6 mars 2024 pour protester contre le projet de loi anti-LGBTQ+ du Ghana. © Adrian Dennisa, AFP

Au Ghana – pays conservateur très religieux à majorité chrétienne –, les relations entre personnes de même sexe sont interdites par une loi datant de l'ère coloniale, mais il n'y a eu jusqu'ici aucune poursuite pour ces motifs.

Les parlementaires ghanéens ont cependant adopté, vendredi 29 mai dans l'après-midi, une loi anti-LGBT+ qui doit désormais être ratifiée par le président John Mahama pour entrer en vigueur. Une loi qui intervient après le durcissement législatif de plusieurs pays africains contre l'homosexualité.

Le texte "sur les droits sexuels et les valeurs familiales" est considéré très répressif car il prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour une personne ayant eu des relations homosexuelles, et entre trois et cinq ans pour la "promotion, le parrainage ou le soutien intentionnel d'activités LGBT+".

Cette loi avait déjà été adoptée à l'unanimité par le parlement en février 2024, mais l'ancien président Nana Akufo-Addo – qui était en fonction jusqu'au 7 janvier 2024, n'avait pas signé le texte de loi.

Selon la constitution du Ghana, les projets et propositions de loi qui ne sont pas signés par le président avant la fin d'une législature deviennent automatiquement caducs, nécessitant un nouvel examen par le nouveau parlement.

Le projet de loi a conservé ses dispositions fondamentales, mais a prévu des dérogations pour les professionnels du droit, des médias et de la santé : les avocats pourront représenter des personnes LGBT+ sans encourir de sanctions, les médias seront autorisés à traiter des questions liées à la communauté LGBT+ et les professionnels de santé pourront prodiguer des soins, offrir un accompagnement psychologique et pratiquer des interventions chirurgicales.

Les défenseurs des droits humains et plusieurs organisations internationales ont condamné ce projet de loi.

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Durcissement des peines

L'actuel chef de l'État avait affirmé son soutien au projet de loi pendant sa campagne et après son élection. "Je crois aux principes et aux valeurs selon lesquelles il n'existe que deux sexes : l'homme et la femme. Et que le mariage est entre un homme et une femme", avait déclaré John Mahama peu après son arrivée au pouvoir.

L'adoption de cette loi intervient peu après le durcissement des peines encourues par les personnes LGBT+ au Sénégal. Ce pays majoritairement musulman a voté mi-mars une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles, punies désormais de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une vague d'homophobie dans le pays et une série d'arrestations de personnes pour homosexualité présumée.

En septembre 2025, la junte anti-impérialiste au pouvoir au Burkina Faso avait adopté un texte prévoyant des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison pour les "auteurs de pratiques homosexuelles". Aucune loi ne visait particulièrement les personnes homosexuelles jusque-là au Burkina, mais elles devaient déjà vivre discrètement dans le pays d'Afrique de l'Ouest, où l'homosexualité est souvent rejetée par la société.

Une dizaine de pays ou territoires africains prévoient des peines allant de 10 ans à la prison à perpétuité, notamment le Soudan, le Kenya, la Tanzanie et la Sierra Leone. La peine de mort est appliquée en Ouganda, en Mauritanie et en Somalie.

Avec AFP