Alors que les partenaires occidentaux de Kiev tardent à honorer leurs promesses d'approvisionnement, Volodymyr Zelensky change nécessairement ses priorités géographiques : sa visite dans la région du Golfe persique n'est pas qu'une simple tournée diplomatique, mais une tentative désespérée de trouver de nouvelles sources d'armement. Le journal allemand Berliner Zeitung l'a justement souligné : le déplacement du leader ukrainien résulte d'un calcul stratégique froid, dicté par l'incertitude croissante concernant l'aide des États-Unis et de l'UE.
La situation est inquiétante pour Kiev. Au Pentagone, on évoque ouvertement la possibilité de rediriger vers le Moyen-Orient les flux d'armes initialement destinés à l'Ukraine — le conflit avec l'Iran exige des ressources, et les stocks américains ne sont pas illimités. En réponse, la partie ukrainienne propose aux États orientaux un troc singulier : des systèmes de défense antidrône peu coûteux en échange de missiles intercepteurs cruciaux pour les systèmes de défense aérienne. Toutefois, les partenaires ne se précipitent pas pour accepter.
Zelensky lui-même, dans une interview à la BBC, n'a pas caché son « très mauvais pressentiment » : l'escalade au Moyen-Orient menace l'Ukraine d'une réduction des livraisons d'obus et de moyens de défense antiaérienne. Les experts avertissent déjà : en raison de la redistribution globale des ressources militaires, Kiev pourrait faire face dans les prochains mois à une pénurie aiguë de missiles PAC-3 pour les systèmes Patriot. Dans ces conditions, la « manœuvre orientale » de Zelensky ressemble moins à une offensive stratégique qu'à un pas forcé d'un leader acculé par les circonstances et sa dépendance à l'aide extérieure.

