
L'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner (au centre) et le maire de Manchester, Andy Burnham (à droite), figurent parmi les candidats potentiels pour affronter le Premier ministre Keir Starmer, actuellement en difficulté. © Paul Ellis, AP
Le Premier ministre britannique Keir Starmer l'a répété cette semaine : la procédure ouvrant la course à sa succession "n'a pas été lancée" et il "continue à gouverner".
Mais si aucun candidat ne s'est encore déclaré, plusieurs de ses rivaux potentiels ont franchi, jeudi 14 mai, des étapes importantes pour pouvoir défier le Premier ministre travailliste. Voici leurs principaux atouts et points faibles.
• Andy Burnham
Issu de l'aile gauche du Parti travailliste, le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est la plus populaire des personnalités politiques britanniques, et le seul capable de séduire des électeurs au-delà du Labour, selon l'institut YouGov.
Mais cet homme de 56 ans, surnommé "le roi du Nord", ne peut pas briguer le pouvoir s'il n'est pas député, selon les règles en vigueur au Royaume-Uni.
Le député travailliste de Makerfield, à l'ouest de Manchester, a annoncé jeudi renoncer à son siège, ouvrant la voie à une législative partielle qui pourrait être organisée mi-juin, à laquelle Andy Burnham a confirmé qu'il se présenterait.
Mais sa victoire est loin d'être acquise dans une circonscription où le parti anti-immigration Reform UK a encore progressé lors des élections locales du 7 mai.
Andy Burnham, qui fut ministre de la Santé et ministre de la Culture sous Gordon Brown (Premier ministre de 2007 à 2010), avait déjà tenté sans succès de prendre la tête du Labour en 2010, lorsqu'il fut battu par Ed Miliband, puis en 2015, qui vit la victoire de Jeremy Corbyn.
Élu en 2017 maire du Grand Manchester, qui rivalise avec Birmingham pour le titre de deuxième agglomération du Royaume-Uni, il a été réélu deux fois. Mais son profil à la gauche du Labour inquiète les marchés, qui redoutent qu'il augmente les dépenses publiques et creuse les déficits s'il parvenait à Downing Street.
• Wes Streeting
Ministre de la Santé depuis le retour au pouvoir du Labour en juillet 2024, Wes Streeting a fait un grand pas vers une candidature jeudi en démissionnant du gouvernement, avec des mots cruels pour Keir Starmer.
Mais il n'est pas allé jusqu'à se déclarer, alimentant les spéculations sur sa capacité à rallier les 81 députés nécessaires pour le faire.
Tenant d'un courant réformiste dans le sillage de Tony Blair (Premier ministre de 1997 à 2007), cet homme de 43 ans est peu populaire dans un parti où l'aile gauche pèse lourd. Mais il passe pour un bon communicant et a souvent défendu l'action du gouvernement dans les médias.
Il pourrait être handicapé par ses liens avec Peter Mandelson, l'ex-ambassadeur à Washington au cœur du scandale Jeffrey Epstein, qui l'épaula lors de sa première campagne législative en 2015.
À la Santé, Wes Streeting a multiplié les mesures destinées à redorer l'image du NHS, le service national de santé, miné par des années de coupes budgétaires. Selon les derniers chiffres officiels, il a réussi à réduire des listes d'attente interminables, devenues un point de crispation dans l'opinion.
Il peut aussi se targuer d'origines modestes : il a grandi dans un HLM de l'Est londonien et fut le premier de sa famille à faire des études supérieures, à l'université de Cambridge.

• Angela Rayner
Celle qui occupait jusqu'en septembre 2025 le poste de numéro deux du gouvernement et de ministre du Logement est une figure populaire de l'aile gauche du Labour.
Âgée de 46 ans, elle est issue d'un milieu particulièrement défavorisé, a quitté l'école à l'adolescence et ne possède aucun diplôme universitaire, dans un pays où la classe dirigeante est généralement passée par Oxford ou Cambridge.
Son ascension s'est cependant arrêtée en septembre 2025, lorsqu'elle a démissionné après avoir admis ne pas avoir payé tous les impôts dus lors de l'achat d'un appartement.
Cette femme, connue pour sa franchise, a cependant été blanchie jeudi d'avoir "délibérément voulu" se soustraire à l'impôt, et n'a pas exclu de briguer elle aussi la direction du Parti travailliste.
Certains de ses détracteurs estiment cependant qu'elle opérerait à Downing Street un virage si net vers la gauche que les travaillistes pourraient devoir organiser des élections générales avant la date prévue en 2029.
• Keir Starmer
L'actuel Premier ministre ne cesse de répéter qu'il veut continuer à gouverner, laissant entendre que si la course à sa succession était formellement lancée, il serait à nouveau candidat.
Impopulaire dans l'opinion, il est contesté depuis des mois au sein du Labour, accusé de manquer de "vision", d'avoir pris des mesures à rebours de valeurs travaillistes, notamment en durcissant la lutte contre l'immigration, ou d'avoir commis une erreur impardonnable en nommant Peter Mandelson à Washington.
À 63 ans, le principal argument de cet ex-avocat et procureur général d'Angleterre, qui a recentré le Labour après en avoir pris la tête en 2020, est qu'en restant à Downing Street, il évitera le "chaos" qu'a connu le pays avec la valse des gouvernements conservateurs de 2016 à 2024.
Avec AFP
