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Festival de Cannes : avec trois films en compétition, le cinéma espagnol au sommet
Trois films espagnols du cru 2026 sont sélectionnés pour la Palme d'or au Festival de Cannes. Avec les films de Pedro Almodovar, Rodrigo Sorogoyen et de Javier Calvo et Javier Ambrossi, tous trois tournés en Espagne, le cinéma ibérique n'a jamais été aussi bien représenté à Cannes.
Le réalisateur espagnol Pedro Almodovar au Festival de Cannes, le 17 mai 2023. © Valery Hache, AFP

Trois films espagnols visent cette année une Palme d'or à Cannes, forts de grands talents et de financements à la hauteur.

Avec le vétéran Pedro Almodovar, sélectionné pour la septième fois, le cinéaste confirmé Rodrigo Sorogoyen et les outsiders Javier Calvo et Javier Ambrossi, le cinéma espagnol n'a jamais été aussi bien représenté à Cannes.

Déjà par le passé, au tout début des années 1950, trois films ibériques avaient été sélectionnés, mais la Palme d'or n'existait pas encore et le cinéma mondial n'évoluait pas au même niveau.

"C'est une grande nouvelle !", a réagi Pedro Almodovar au moment de l'annonce de la sélection.

Ce sont "trois films très différents, de trois générations de réalisateurs", a commenté le cinéaste de 76 ans sur les réseaux sociaux.

Cela montre qu'il y a en ce moment "un certain mouvement dans le cinéma espagnol", a souligné pour sa part le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux.

L'an dernier déjà, deux films ibériques étaient en compétition et avaient marqué le festival : "Sirat", plongée dans une rave-party hallucinatoire et apocalyptique d'Oliver Laxe et "Romeria", film autobiographique sur une jeune femme orpheline dont les parents sont morts du sida, de Carla Simon.

Une première Palme d'or ?

Les trois films espagnols du cru 2026 ont été tournés en Espagne.

Avec son "Autofiction", Almodovar dépeint un cinéaste – son alter ego – angoissé et en manque d'inspiration.

Pour une première Palme d'or ? Malgré ses sept sélections, il n'a jamais remporté le prix suprême.

Mais il a glané plusieurs récompenses : le prix de l'interprétation masculine en 2019 (Antonio Banderas dans "Douleur et gloire") et le prix du scénario et un prix collectif de la meilleure interprétation féminine pour "Volver" en 2006 avec notamment Penélope Cruz.

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Rodrigo Sorogoyen, qui avait présenté "As bestas" en section parallèle en 2022, intègre pour la première fois la compétition officielle, avec "L'être aimé", montrant un Javier Bardem en cinéaste célèbre, qui tente de renouer avec sa fille en la faisant jouer dans l'un de ses films.

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Pour Javier Calvo et Javier Ambrossi, surnommés Los Javis en Espagne, c'est en revanche une grande première. Et c'est avec leur deuxième film seulement qu'ils intègrent la prestigieuse compétition.

Leur film "La Bola Negra" évoque les destins croisés de trois hommes homosexuels, à partir d'un texte inachevé de Federico Garcia Lorca. L'idée du duo : mélanger Histoire et revendications queers.

"Cinéma de haut vol"

Ces cinq films, les deux de l'an dernier et les trois de cette année, sont "des productions assez ambitieuses pour du cinéma espagnol, avec des budgets élevés", entre cinq et douze millions d'euros, explique l'expert en cinéma espagnol, Pau Brunet.

Cela s'inscrit dans un "écosystème cinématographique international de haut vol", capable de viser l'Oscar, comme "Parasite" (du Coréen Bong Joon-ho), "Valeur Sentimentale" (du Norvégien Joachim Trier) ou "L'agent secret" (du Brésilien Kleber Mendonça Filho), poursuit l'analyste.

Sorogoyen et Los Javis sont aussi à l'image d'un "nouveau courant de cinéastes", qui proposent à la fois des productions commerciales et des films capables d'intégrer des festivals, selon Pau Brunet.

La productrice espagnole Maria Zamora lors d'une conférence de presse pour le film "Romeria" au Festival de Cannes, le 22 mai 2025. © Anna Kurth, AFP

Ils bénéficient aussi tous les trois du succès international de leurs séries, "La Mesias" pour Los Javis, "Los Años nuevos" pour Sorogoyen. Un secteur en pleine expansion en Espagne grâce au financement généreux de plateformes ou de groupes de médias.

Pour la productrice Maria Zamora, qui portait "Romeria" l'an dernier, le financement est en effet un facteur clef, que ce soit via des aides publiques ou des coproductions.

"À Cannes, l'argent doit accompagner le talent. C'est ce qui lui permet de briller et de se démarquer", selon Maria Zamora.

Avec AFP