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L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont attaquées
Au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a prévenu qu'il ne ferait preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques étaient à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui estimé que Téhéran n'avait plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni de "produire des missiles balistiques".
Le site gazier de Ras Laffan, au Qatar, le 2 mars 2026. © AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi 19 mars que l'Iran était en passe d'être "décimé" et a estimé que la guerre au Moyen-Orient pourrait finir "bien plus vite" qu'imaginé.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré le Premier ministre israélien, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, malgré le fait qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin dernier.

Israël "gagne la guerre"

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri. L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent."

"Le régime iranien est intact", avait toutefois nuancé plus tôt la cheffe des services de renseignement américains, Tulsi Gabbard, qui estime qu'il est "fortement affaibli en raison des attaques visant ses dirigeants et ses capacités militaires". Elle a de nouveau refusé de confirmer les propos de Donald Trump selon lesquels l'Iran représentait une "menace imminente" avant la guerre.

Si Washington n'a pas fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a dit jeudi qu'il n'enverrait pas de troupes au sol.

Le conflit a franchi une étape avec le ciblage massif de sites de production, en plus du stockage et du transport du pétrole et du gaz dans le Golfe. Conséquence, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5 % jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35 %), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse et que la Bourse de New York ouvrait dans le rouge.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont attaquées
© Omar Kamal, Jonathan Walter, AFP

Parmi les installations visées : Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha. L'émirat juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de GNL de 17 %.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont attaquées
Le champ gazier de South Pars, à Kangan, en Iran, le 22 janvier 2014. © AFP

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques étaient à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Vers un baril à 120 dollars  ?

Le président Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons."

Le président américain a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont attaquées
© Jonathan Walter, Sabrina Blanchard, AFP

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars et un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.

"Creuser les fissures"

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappes.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) demande un couloir d'évacuation pour les bateaux bloqués : selon elle, 20 000 marins patientent à bord de 3 200 bateaux.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont attaquées
Des Iraniens font des achats au bazar Tajrish, dans le nord de Téhéran, le 19 mars 2026, à la veille de Norouz, le Nouvel An perse. © AFP

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" pour sécuriser le détroit.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

À la veille de Norouz, le Nouvel an perse habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.

À Qom, ville sainte au sud de Téhéran, une foule a participé au cortège funèbre d'Ali Larijani, chef de la sécurité tué par Israël, avant son inhumation, brandissant de nombreux drapeaux.

Avec AFP