
Le village de Deir-el-Zahrani, dans le sud du Liban, visé par une frappe israélienne, le 13 mai 2026. © Kawnat Haju, AFP
Négociateurs israéliens et libanais sont censés se retrouver à partir de jeudi 14 mai à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu de plus en plus fragilisé par des frappes meurtrières d'Israël sur le pays du Cèdre.
L'armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages.
L'Agence nationale d'information (officielle) a fait état de bombardements dans le sud, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts, selon Beyrouth.
Lors de leur dernière réunion le 23 avril à Washington, le président Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.
Le président des États-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président libanais, Joseph Aoun.
Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'État libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.
"Consolidation" de la trêve
Le Hezbollah a pour sa part réitéré son rejet de ces négociations jeudi, l'un de ses députés, Ali Ammar, dénonçant une "concession gratuite" à Israël.
La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite de l'assassinat du guide iranien Ali Khamenei, lors de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran lancée le 28 février.
"Quiconque menace l'État d'Israël mourra en raison de sa faute", a averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.
Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban, à savoir qu'Israël cesse de frapper le Hezbollah.
À Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".
Plus de 2 800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.
Israël vise en particulier la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et le sud du pays où il s'est emparé d'une bande frontalière, dont il avait occupé une partie entre 1982 et 2000.
"Désarmement du Hezbollah"
Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire et appelle les autorités à désarmer le puissant Hezbollah.
Les États-Unis "reconnaissent que la paix globale dépend du rétablissement complet de l'autorité de l'État libanais et du désarmement total du Hezbollah", a estimé le Département d'État.
Selon lui, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'État libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".
À la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'État Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.
Pour ces deux journées d'entretiens au département d'État, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des États-Unis en Israël et au Liban, Mike Huckabee et Michel Issa.
Le Liban est cette fois représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, fervent défenseur de la souveraineté de son pays, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.
Avec AFP
