
Andriy Yermak, l'ancien chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky, lors d'une audience au tribunal, à Kiev le 12 mai 2026. © Alina Smutko, Reuters
La Haute Cour anticorruption ukrainienne a ordonné, jeudi 14 mai, le placement en détention provisoire de l'ancien chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, soupçonné d'être impliqué dans un vaste réseau de détournement de fonds.
Elle a décidé d'appliquer "une mesure préventive sous forme de détention provisoire pour une durée de 60 jours à compter de la date de sa détention effective", a déclaré le juge lors d'une audience transmise en direct. Elle a également fixé sa libération sous caution à 140 millions de hryvnias (environ 2,7 millions d'euros).
Andriï Iermak, 54 ans, a été le principal conseiller de Volodymyr Zelensky entre 2020 et la fin 2025, devenant l'un des hommes les plus influents du pays. Il avait démissionné en novembre, peu après une perquisition à son domicile menée par les services anticorruption dans le cadre d'une affaire dans le secteur énergétique impliquant de hauts responsables gouvernementaux.
"Je reste sur ma position. Je contesterai toute accusation portée à mon encontre", a-t-il réagi à l'audience.
"Je pense que mes avocats, l'équipe de défense, feront appel", a-t-il ajouté devant des journalistes. Interrogé sur le versement de la caution, Andriï Iermark a répondu : "Je n'ai pas autant d'argent. Je ne m'attendais pas à ça".
Dans cette affaire, l'ancien bras droit du président ukrainien est accusé d'être impliqué dans un réseau ayant blanchi environ 460 millions de hryvnias (8,8 millions d'euros) via un projet immobilier de luxe situé près de Kiev.
Volodymyr Zelensky, dont l'image a été ternie par une série de scandales de corruption cette année sur fond de guerre prolongée avec la Russie, n'a pas réagi à cette nouvelle affaire visant son ancien plus proche allié.
L'année dernière, l'agence anticorruption ukrainienne (Nabu) avait découvert une immense affaire de corruption dans le secteur énergétique, durement touché par la guerre avec la Russie, dans laquelle étaient impliqués, d'après cette agence, de hauts responsables gouvernementaux ukrainiens.
Avec AFP
