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Israël élimine un autre haut responsable iranien, des frappes visent un immense champ gazier
Le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib a été éliminé par Israël, a confirmé mercredi 18 mars le président iranien. Dans le même temps, des frappes israélo-américaines ont visé le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par l'Iran et le Qatar. En conséquence, les prix du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de Brent grimpant de plus de 5 %.
Le ministre iranien du Renseignement, Esmaïl Khatib, assiste à la cérémonie d'ouverture de la sixième législature de l'Assemblée des experts à Téhéran, en Iran, le 21 mai 2024. © Vahid Salemi, AP

Israël a tué une nouvelle figure du pouvoir iranien, le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib, et donné mercredi 18 mars carte blanche à son armée pour abattre tout haut responsable de la République islamique dans sa ligne de mire.

Le pouvoir iranien a confirmé la mort de son ministre du Renseignement quelques heures seulement après avoir rendu un hommage à Ali Larijani, puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale, lui aussi tué dans une frappe israélienne.

Autant d'"assassinats lâches", selon le président iranien Massoud Pezeshkian.

La liste des dirigeants iraniens que les États-Unis et Israël ont tués s'allonge depuis le premier d'entre eux, le guide suprême Ali Khamenei, au premier jour de la guerre le 28 février.

L'armée israélienne a assuré que la "série d'éliminations" de responsables iraniens "ne cessera pas".

"Au cours des dernières 24 heures, nous avons poursuivi la traque et l'élimination de hauts responsables du régime, des meurtriers responsables de nombreuses opérations terroristes", a dit le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, dans une allocution télévisée. "Nous continuerons à traquer tous les hauts responsables du régime."

Israël a notamment promis le même sort au nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père Ali le 8 mars, mais n'est pas apparu en public depuis. Des responsables américains et israéliens le disent "défiguré", d'autres blessé à la jambe. Le président américain Donald Trump met en doute le seul fait qu'il soit vivant.

Pour l'heure, le gouvernement iranien "reste en place mais est fortement affaibli", a assuré Tulsi Gabbard, cheffe des services de renseignement américains.

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Le baril de Brent grimpe de 5 %

Selon la télévision d'État iranienne, Israël a aussi frappé avec les États-Unis le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par l'Iran et le Qatar.

Conséquence immédiate: les prix du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de Brent grimpant même de plus de 5 %.

Afin de tenter de contenir cette flambée des cours, l'administration Trump a dans la foulée suspendu certaines restrictions sur le transport de carburant.

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Le président américain a aussi dénoncé le refus des alliés des États-Unis de l'aider à sécuriser le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL).

"Nous sommes bien sûr tous d'accord pour dire que le détroit doit être rouvert", a assuré le chef de l'Otan Mark Rutte dans une tentative d'apaisement. "Et ce que je sais, c'est que les alliés travaillent ensemble et discutent de la manière de procéder, de la meilleure façon d'y parvenir", a-t-il déclaré.

Ce choc énergétique majeur a des conséquences très concrètes à travers le monde : la compagnie aérienne SAS a dit annuler au moins un millier de vols en avril, quelques jours après avoir déjà augmenté ses tarifs. Le chimiste allemand BASF a augmenté de 30 % le prix de certains de ses produits industriels en Europe.

En Thaïlande, de nombreux pêcheurs sont contraints de rester à quai, étranglés par le gazole trop cher.

Les frappes contre l'immense champ gazier de South Pars/North Dome ont été vivement critiquées par Abu Dabi et le Qatar, qui les a qualifiées de "dangereuses et irresponsables".

Interrogée à deux reprises par l'AFP sur ces informations, l'armée israélienne n'a pas donné suite. La question n'a pas non plus été abordée au cours du point de presse télévisé quotidien du général de brigade Effie Defrin, le porte-parole de l'armée israélienne, dans la soirée.

Celui-ci a simplement déclaré que l'armée israélienne agissait "en coordination avec l'armée américaine à tous les niveaux".

L'Iran a menacé de cibler en retour des installations énergétiques dans le Golfe.

"Habitués aux bombardements"

"Pour venger le sang" des "martyrs", les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir iranien, ont salué des frappes qui ont fait au moins deux morts près de Tel-Aviv.

Des "débris" ont aussi touché l'aéroport international Ben-Gourion, à la suite de tirs de missiles iraniens sur Israël, a annoncé mercredi l'armée à l'AFP.

Israël poursuit aussi son offensive au Liban, cette fois contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, en visant là encore ses hauts responsables.

Plusieurs frappes ont visé à l'aube des quartiers du centre-ville, dont des zones densément peuplées.

Des images de l'AFP ont montré d'épais panaches de fumée après une attaque près du front de mer, où des déplacés dormaient dans leurs voitures.

Selon les autorités libanaises, ces frappes ont tué 968 personnes, dont 116 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne a aussi annoncé avoir frappé le Hezbollah dans la région de Tyr, cité classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Avec AFP