
Le patron du parti Renaissance, Gabriel Attal, lors du meeting de Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons à la mairie de Paris, le 10 février 2026, au Cirque d'Hiver. © Thomas Samson, AFP
Près de dix ans après l’arrivée fracassante d’Emmanuel Macron au pouvoir, l’ex-majorité vit une ambiance de fin de règne. L’ancien parti du président de la République, qui n’a jamais trouvé la bonne formule pour s’implanter localement, et ses alliés du MoDem, d’Horizons et, dans une moindre mesure du parti Les Républicains, abordent les élections municipales (15 et 22 mars) en ordre dispersé.
Paris est sans doute la meilleure illustration de l’histoire compliquée du parti présidentiel aux municipales et de la déliquescence qui frappe actuellement le "bloc central".
En 2020, la macronie affichait de grosses ambitions avec la volonté de l’emporter dans la capitale française, où Emmanuel Macron avait obtenu des scores importants en 2017 à la présidentielle et aux législatives. Mais Benjamin Griveaux fut emporté par un scandale sexuel. Et sa remplaçante Agnès Buzyn ne put faire mieux qu’une troisième place à l’issue du premier tour.
Six ans plus tard, Renaissance, désormais dirigé par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, n’a aucun candidat dans la course à la mairie de Paris et se contente de soutenir Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons. D’anciens ministres macronistes, comme Clément Beaune ou Marlène Schiappa, figurent même sur sa liste. Mais le député Sylvain Maillard, ancien patron du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale et président de la fédération Renaissance de Paris – dont il s’est mis en retrait en octobre –, est numéro 2 sur la liste de la candidate du parti Les Républicains (LR), Rachida Dati, également soutenue par le gouvernement et le MoDem.
"L'impasse sur les municipales"
À l’image de Paris, la stratégie de Renaissance aux élections municipales dans le reste de la France a considérablement évolué. En 2020, le parti avait présenté un grand nombre de têtes de liste, sans résultat probant. En 2026, Gabriel Attal a préféré opter le plus souvent pour un soutien à des candidats d'autres partis, mieux implantés, visant simplement une augmentation du nombre d’élus locaux – environ 500 à ce jour – à l’issue du scrutin.
"Le parti a de facto fait l'impasse sur les municipales" mais "un échec sera quand même celui de Gabriel Attal", critique une figure du mouvement citée par l’AFP.
Les têtes de listes estampillées Renaissance dans les grandes villes se comptent sur les doigts d’une seule main. À Bordeaux, le député Thomas Cazenave mène une liste de large union face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic.
Des candidatures à Bordeaux et Lille
À Lille, la députée Violette Spillebout espère battre le successeur de Martine Aubry, Arnaud Deslandes (Parti socialiste), mais a eu davantage de mal à rassembler le bloc central, sans compter la présence d'une liste LR.
À Annecy, considérée comme une chance sérieuse de conquête, l’éphémère ministre de l’Économie Antoine Armand affronte la concurrence de l'ancien maire Jean-Luc Rigaut.
Ailleurs, Renaissance s'est rangé derrière Martine Vassal (ex-LR) à Marseille, Jean-Michel Aulas (sans étiquette) à Lyon, Jean-Luc Moudenc (ex-LR) à Toulouse, Christian Estrosi (Horizons) à Nice, Foulques Chombart de Lauwe (LR) à Nantes ou encore Pierre Jakubowicz (Horizons) à Strasbourg, tandis que le parti n'a investi personne à Montpellier face au maire socialiste sortant Michaël Delafosse.
À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, les municipales semblent loin des préoccupations prioritaires des chefs des différentes composantes de la macronie. Gabriel Attal (Renaissance) et Édouard Philippe (Horizons), en particulier, ont l’esprit déjà tourné vers 2027. Dans les starting-blocks, ils attendent patiemment de tourner la page de ce scrutin local pour se concentrer pleinement sur la course à l’Élysée.
