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Les militants de la "flottille pour Gaza" filmés à genoux, des agissements "inadmissibles" pour Paris
De nombreux pays, dont la France, ont dénoncé le traitement infligé aux militants d'une flottille pour Gaza arrêtés lundi. Dans une vidéo publiée mercredi par Itamar Ben Gvir, ministre d'extrême droite israélien, ils figurent agenouillés, les mains liées. Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères israélien ont aussi critiqué la méthode.
Extrait de la vidéo publiée par Itamar Ben Gvir le 20 mai 2026, accompagnée de la légende "Bienvenue en Israël". © Capture d'écran issue de X

Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger. Itamar Ben Gvir a publié, mercredi 20 mai, une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé de telles images "pas conformes avec les valeurs d'Israël". Et son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé son collègue d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". "Non, vous n'êtes pas le visage d'Israël", a insisté le chef de la diplomatie.

S'il a critiqué le comportement de son ministre, Benjamin Netanyahu a toutefois appelé à expulser les militants "dès que possible". "Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre les bateaux de la flottille, et ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention, dans le sud d'Israël, des centaines de militants propalestiniens qui se trouvaient à bord.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance, triomphant, Itamar Ben Gvir sur des images publiées sur sa chaîne Telegram, avec l'hymne national israélien en musique de fond.

On y voit des dizaines de militants agenouillés les uns à côté des autres, visages collés au sol et mains liées, sur le pont d'un bateau de la marine israélienne. Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre, se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

Paris convoque l'ambassadeur israélien

Les réactions étrangères n'ont pas tardé. La France, notamment, a annoncé mercredi avoir convoqué l'ambassadeur israélien pour les "agissements inadmissibles" du ministre israélien de la Sécurité nationale.

Selon les organisateurs, 37 Français se trouvant sur la flottille ont été interpellés par les autorités israéliennes. 

"J'ai demandé que l'ambassadeur d'Israël en France soit convoqué pour exprimer notre indignation et obtenir des explications", a écrit sur X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. "Les agissements de M. Ben Gvir à l'égard des passagers de la flottille Global Sumud, dénoncés par ses propres collègues au gouvernement israélien, sont inadmissibles", a-t-il ajouté.

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Le traitement réservé aux militants propalestiniens, parmi lesquels figurent de nombreux Italiens, a été aussi été jugé "inadmissible" par Rome, qui a exigé "des excuses".

"Il est inadmissible que ces manifestants, parmi lesquels figurent de nombreux citoyens italiens, soient soumis à un traitement qui porte atteinte à la dignité humaine", ont estimé la première ministre italienne, Giorgia Meloni, et son ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani, dans un communiqué commun.

Madrid a jugé ce traitement "monstrueux, indigne et inhumain", tandis que Dublin s'est dit "consterné et choqué" par la vidéo.

Des flottilles pour dénoncer le blocus 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté", a commenté l'organisation de défense des droits humains Adalah, précisant que certains étaient arrivés au port d'Ashdod (sud) où ils sont détenus.

Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007. Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Avec AFP