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Dominique de Villepin visé par une enquête du parquet financier dans l'affaire des statuettes
Le parquet financier a ouvert une enquête visant Dominique de Villepin pour "recel de détournement de fonds publics". L'ex-ministre des Affaires étrangères avaient accepté des statuettes de grande valeur, payées notamment par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, en cadeau lorsqu'il était au quai d'Orsay. Il ne les a rendu que récemment. 
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, le 12 mai 2026 à Strasbourg. © Romeo Boetzle, AFP

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire visant Dominique de Villepin dans l'affaire des statuettes qu'il a reçues lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères et qu'il a ensuite conservées, a annoncé mercredi 20 mai le procureur de la République financier, Pascal Prache.

Cette enquête a été ouverte mardi par le PNF "des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes", a-t-il précisé dans un communiqué.

Cette enquête, ouverte par le PNF "sur la base des éléments portés à sa connaissance", porte "sur les conditions dans lesquelles une statuette et un buste auraient été offerts à Dominique de Villepin, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, puis conservés par celui-ci", a encore expliqué Pascal Prache.

Dominique de Villepin, candidat potentiel à l'élection présidentielle, a reconnu le 10 mai avoir commis "une erreur" en acceptant deux statuettes en cadeau lorsqu'il était au quai d'Orsay et qu'il a récemment rendues.

"C'était une erreur. Je n'aurais pas dû les accepter", a déclaré sur France Inter l'ex-Premier ministre, rappelant qu'il "n'y avait pas d'encadrement de ces situations à l'époque".

Deux statuettes à plusieurs dizaines de milliers d'euros

Le lobbyiste Robert Bourgi a affirmé dans l'émission Complément d'Enquête diffusée sur France 2 fin avril, avoir servi d'intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin deux statuettes de Napoléon valant plusieurs dizaines de milliers d'euros, payées par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et par l'homme d'affaires italien Gian Angelo Perrucci.

Elles ont été achetées pour respectivement 75 000 euros et 50 000 euros par ces deux hommes, selon des factures publiées par l'émission de France 2, qui a révélé l'affaire. 

Le nom de Robert Bourgi est également associé à l'affaire des costumes de luxe qui avait contribué à couler la campagne présidentielle de François Fillon en 2017. M. Bourgi lui avait offert pour 13 000 euros de costumes, éveillant des soupçons de trafic d'influence qui ont finalement débouché sur un non lieu.

Les proches de Dominique de Villepin ont accusé le clan de Nicolas Sarkozy d'être derrière la prise de parole de Robert Bourgi, intervenue en plein procès en appel sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Robert Bourgi a, quant à lui, assuré dans "Complément d'Enquête" que l'ancien président n'avait rien à voir avec ces nouvelles révélations.

Avec AFP