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Mondial 2026 : le long chemin du changement de nationalité sportive pour les binationaux
Avec la perspective de disputer la Coupe du monde 2026 l'été prochain, les changements de nationalité sportive se multiplient parmi les footballeurs. Dernier cas emblématique en date : le joueur franco-marocain Ayyoub Bouhaddi qui a finalement opté pour les Lions de l'Atlas. Un choix souvent compliqué pour les joueurs, qui découle d'une longue réflexion personnelle et d'un travail de longue haleine des sélectionneurs. 
Le joueur Ayyoub Bouaddi présente un maillot de son club, le Lille OSC, floqué de son nom au moment de l'annonce de la prolongation de son contrat, le 5 décembre 2025. © Sameer al-Doumy, AFP

Une décision qui tourne parfois au casse-tête. Convaincre un binational d'intégrer une sélection constitue le plus souvent un travail de longue haleine pour les sélectionneurs mais aussi un choix compliqué pour les joueurs, même si l'échéance de la Coupe du monde et l'aménagement des règles de la Fifa en la matière ont grandement facilité le processus.

Depuis plusieurs années, de plus en plus de joueurs tournent le dos aux grandes sélections européennes pour rejoindre le pays d'origine de leurs parents. Un phénomène amplifié par un assouplissement dans la réglementation opéré par la Fifa depuis 2003, qui autorise les joueurs ayant évolué en catégorie de jeunes avec un pays à changer de nationalité sportive jusqu’à leurs 21 ans.

La dernière mise à jour effectuée en 2020 stipule notamment que les joueurs ayant déjà évolué en A avec une équipe nationale peuvent changer de sélection s'ils n'ont pas encore participé à une phase finale de grande compétition (Coupe du monde, Euro, Copa America, CAN). Deux cents dix joueurs ont ainsi obtenu un changement de nationalité sportive depuis 2025, selon la plateforme de recensement mise en place par la Fifa.

Ce choix est souvent difficile à faire pour un joueur binational, qui doit trancher entre son pays de naissance et la nation d'origine de sa famille. Mais la motivation peut être suscitée par l'envie de jouer de grandes compétitions.

Bouhaddi avec le Maroc, Zidane avec l'Algérie

Tiraillé de longs mois entre les Bleus et le Maroc, la pépite lilloise Ayyoub Bouhaddi, 18 ans, a ainsi fait le choix des Lions de l'Atlas, le pays d'origine de ses deux parents. Aligné dix fois avec l'équipe de France Espoirs, il a préféré le Maroc notamment pour pouvoir participer à la Coupe du monde (11 juin - 19 juillet).

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Cette compétition, l'objectif ultime pour un joueur professionnel, a permis de convaincre bon nombre de joueurs, à l'image par exemple de Josué Casimir, attaquant franco-haïtien de l'AJ Auxerre,  qui représente Haïti (six sélections).

"C'est une grande joie pour moi de servir ainsi le pays de mes parents et de leur faire ainsi honneur. Le choix s'est fait assez naturellement et il m'offrait aussi une possibilité d'aller au Mondial", a-t-il expliqué auprès de l'AFP.

Pour le fils de la légende française Zinédine Zidane, Luca, le choix s'est porté en octobre dernier sur l'Algérie, le pays de ses grands-parents paternels. Présent dans les équipes jeunes de la France sans jamais être proche des Bleus, le gardien, qui a principalement évolué en D2 espagnole, a fait ce choix quelques mois avant la CAN et le Mondial. Touché à la mâchoire, sa participation à la Coupe du monde est toutefois remise en cause.

Mondial 2026 : le long chemin du changement de nationalité sportive pour les binationaux
Après avoir disputé la CAN 2025, Luca Zidane devrait disputer la Coupe du monde 2026 avec l'Algérie. © Gabriel Bouys, AFP

En mal de solution offensive, le sélectionneur de la Belgique Rudi Garcia a lui réussi à convaincre Matias Fernandez-Pardo de rejoindre les Diables Rouges. L'attaquant de Lille, sélectionné plusieurs fois avec les Espoirs espagnols, verra le Mondial avec la nationalité sportive belge.

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Mondial 2026 : le long chemin du changement de nationalité sportive pour les binationaux
Luca Zidane, gardien de l'Algérie à la CAN 2025. © Cassandre Toussaint, France 24
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Choix du cœur ou travail du sélectionneur ? 

Le travail d'un sélectionneur et de son staff est donc un savant mélange de recherches de joueurs, de longues discussions avec les entourages et les familles et enfin de supervision. C'est le cas de Sébastien Migné, le sélectionneur d'Haïti : en deux ans, il a "pris (son) bâton de pèlerin pour convaincre des binationaux de rejoindre l'aventure".

"Il faut partir à la pêche aux renseignements, trouver des joueurs aux ascendances haïtiennes puis les 'scouter' à travers des plateformes. On a besoin aussi de suivre les matches pour voir si leur profil correspond à notre projet de jeu", explique-t-il à l'AFP.

Pour les joueurs, il peut également s'agir d'"un choix du cœur", comme pour Achraf Hakimi, né à Madrid mais qui a opté pour le Maroc : "J'ai tenté l'expérience (avec l'Espagne), mais je ne me sentais pas à l'aise", a raconté l'actuel capitaine du Maroc.

Dans le sens inverse, l'autre cas emblématique est celui de Lamine Yamal, le phénomène du football mondial âgé de 18 ans. Il aurait pu jouer pour le Maroc, le pays de son père, mais a il choisi l'Espagne. "Je sais qu'il a reçu un appel du Maroc et que c'était une décision difficile pour lui. J'ai essayé de présenter à la famille le projet présent et futur que nous avions avec lui. Ça a marché et il a compris qu'il voulait représenter l'Espagne", racontait en avril 2025 à l'AFP Francis Hernandez, l'ancien directeur sportif des catégories jeunes de la Fédération espagnole. Le reste appartient à l'histoire : débuts avec la Roja à 16 ans et champion d'Europe en 2024 à peine âgé de 17 ans.

Avec AFP