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Frappes en Iran : Keir Starmer assume avoir bloqué l'usage d'une base britannique par les États-Unis
Le Premier ministre Keir Starmer a défendu sa décision, lundi, d'avoir d'abord interdit aux États-Unis d'utiliser une base militaire du Royaume-Uni pour frapper l'Iran. Plus tôt, le président américain Donald Trump l'avait accusé d'avoir tardé à autoriser l'accès au site stratégique de Diego Garcia, dans l'océan Indien.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait une déclaration au 10 Downing Street, à Londres, le 28 février 2026. © Jonathan Brady, AP

En réponse aux critiques de Donald Trump, le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé lundi 2 mars avoir agi dans "l'intérêt national du Royaume-Uni" en interdisant dans un premier temps aux États-Unis d'utiliser une base militaire britannique pour ses frappes contre l'Iran.

"Le président Trump a exprimé son désaccord avec notre décision de ne pas nous impliquer dans les frappes initiales, mais il est de mon devoir de juger ce qui est dans l'intérêt national du Royaume-Uni", a déclaré Keir Starmer lors d'une allocution devant le Parlement.

Un peu plus tôt, le président américain lui avait reproché d'avoir mis "beaucoup trop de temps" à autoriser les États-Unis à utiliser la base militaire clé de Diego Garcia, dans l'océan Indien.

Après ce premier refus, Londres a accepté dimanche que Washington utilise des bases britanniques pour frapper des sites de missiles iraniens, dont celle de Diego Garcia.

"Légitime défense collective de nos alliés"

Cette décision a été prise "après une requête distincte" des États-Unis, qui en ont fait la demande "à des fins défensives spécifiques, notamment la légitime défense collective de nos alliés et la protection des vies britanniques", a-t-il expliqué.

Keir Starmer était notamment interpellé par la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, qui a critiqué le refus initial et l'absence de soutien explicite à l'opération américano-israélienne.

Le dirigeant britannique a par ailleurs assuré que les bases militaires britanniques à Chypre n'étaient "pas utilisées par les bombardiers américains", quelques heures après qu'un drone a touché la base militaire de Akrotiri, tandis que deux autres ont été interceptés.

Après cette frappe – la première touchant un pays de l'Union européenne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient – le porte-parole du gouvernement chypriote avait indiqué que Chypre demanderait à avoir la garantie que les bases britanniques sur son territoire ne seraient utilisées qu'à des fins humanitaires.

"Le drone a été lancé avant notre annonce"

"La frappe sur (la base d') Akrotiri à Chypre n'était pas une réponse à une quelconque décision que nous avons prise. Selon notre évaluation, le drone a été lancé avant notre annonce", a également déclaré Keir Starmer.

La base d'Akrotiri, territoire britannique d'outre-mer depuis l'indépendance de Chypre en 1960, est la plus grande de la Royal Air Force hors du Royaume-Uni.

Keir Starmer a également estimé que l'Iran se comportait de façon "de plus en plus dangereuse", malgré les conséquences des frappes américano-israéliennes débutées samedi, notamment la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué par une de ces frappes.

L'Iran frappe "non seulement des cibles militaires, mais aussi des cibles économiques dans la région, sans se soucier des victimes civiles. Telle est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui et à laquelle nous devons réagir", a défendu Keir Starmer.

Avec AFP