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Les athlètes français fêtés à Albertville, le Comité d'organisation des JO 2030 sous pression
Haut lieu des JO d'hiver de 1992, Albertville a célébré les champions olympiques français de retour des Jeux de Milan-Cortina, lundi, en présence de Sébastien Lecornu. Le chef de gouvernement à appelé le Comité d'organisation des JO 2030 à se resouder après une crise de gouvernance. 
Les athlètes français de retour des Jeux olympiques de Milan Cortina sont fêtés à Albertville, le 23 février 2026. © Alex Martin, AFP

"Tout le monde à son poste de combat". Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé lundi 23 février le Comité d'organisation des JO 2030 à dépasser ses divergences, alors qu'Albertville fêtait les succès de l'équipe tricolore, tout juste rentrée des Jeux de Milan Cortina.

Biathlon bien sûr, mais aussi danse sur glace ou ski alpinisme. L'équipe de France a conclu dimanche les JO-2026 de Milan Cortina à la sixième place au tableau des médailles avec un bilan record de 23 médailles (dont huit en or). 

Parmi les très attendus héros du jour à Albertville, les biathlètes multimédaillés Quentin Fillon Maillet et Océane Michelon ou le fondeur Mathis Desloges sont apparus tout sourire, médailles rutilantes au cou. Ils ont été ovationnés par plusieurs milliers de personnes réunies, brandissant des drapeaux français dans la halle olympique d'Albertville, haut lieu des JO d'hiver de 1992, les derniers que la France ait accueillis à ce jour.

La cérémonie a pour objet "d'honorer l'héritage de 1992 et de lancer notre route vers les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver des Alpes Françaises 2030", a déclaré Amélie Oudéa-Castéra, la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Elle s'est conclue sur le déploiement symbolique d'un grand drapeau à cinq anneaux, déroulé avec son et lumière par des chasseurs alpins descendant en rappel depuis un grand mât d'une cinquantaine de mètres. Elle se clôturera par un concert et une soirée dansante.

Crise de gouvernance

Elle survient toutefois en pleine crise de gouvernance au sein du Comité organisateur des Jeux (Cojop) alors qu'il lui reste désormais moins de quatre ans pour boucler son projet dans les Alpes françaises.

Plusieurs de ses cadres ont démissionné ces derniers mois et le directeur général Cyril Linette est également sur le départ en raison du constat de "désaccords insurmontables".

La semaine passée, un proche d'Emmanuel Macron avait indiqué que le président avait "fait passer le message qu'il faut mettre de l'ordre dans l'organisation des JO Alpes 2030". "D'ici un mois", avait-il précisé.

Sebastien Lecornu, venu lundi rencontrer les organisateurs, dont les présidents des régions Aura Fabrice Pannekoucke et Paca Renaud Muselier, ainsi que les athlètes, a pour sa part appelé à laisser de côté "les persifleurs" qui s'obstinent à prédire un échec des Jeux.

"Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (...) dans le même sens pour y arriver en 2030", a-t-il lancé.

"On gère"

Interrogé par France Télévisions sur la crise de gouvernance au sein du Cojop, Grospiron a tenu à relativiser. "On gère. Il y a des turbulences, mais comme dans tous les projets de ce type. On est là, on gère, on tient la baraque", a-t-il insisté.

Les athlètes français fêtés à Albertville, le Comité d'organisation des JO 2030 sous pression
Quentin Fillon Maillet, lors de la cérémonie pour fêter les athlètes français de retour des JO de Milan Cortina, le 23 février 2026 à Albertville. © Alex Martin, AFP

Après avoir félicité les athlètes, Sébastien Lecornu les a interrogés sur leur vécu en Italie et leurs attentes pour les prochains Jeux d'hiver. "Ce que vous pouvez nous dire peut avoir beaucoup d'importance pour la compréhension de l'organisation qu'on a pour 2030", a-t-il dit.

Plusieurs ont évoqué l'éclatement des sites de Milan Cortina, que les Alpes françaises entendent imiter et même amplifier. Ce nouveau modèle, ont-ils souligné, permet d'utiliser des infrastructures déjà existantes - et d'alléger la facture - mais complexifie aussi les transports et laisse certains sites un peu isolés, quand il ne se traduit pas par une absence de "ferveur olympique" au moment de la remise des médailles, ont regretté certains.

Pour la championne olympique de biathlon Julia Simon, le sport français est néanmoins désormais "lancé". "Je pense que la cérémonie de clôture d'hier nous a permis aussi de nous dire : 'En fait les prochains, c'est à la maison'", s'est-elle réjouie. "Pour moi, là, c'est encore difficile de me projeter", a-t-elle ajouté.

Avec AFP