
Le président Gustavo Petro s'exprimant lors d'une conférence de presse à l'ambassade de Colombie à Washington, le 3 février 2026. © Jose Luis Magana, AP
En Colombie, le Clan del Golfo, principal cartel de la drogue local, a annoncé, mercredi 4 février, la suspension des négociations de paix en cours au Qatar avec Bogota, en raison des accords signés par le président Gustavo Petro et son homologue américain Donald Trump.
Les deux chefs d'État ont convenu mardi à la Maison Blanche de concentrer les actions militaires et de renseignement sur trois chefs criminels, dont Chiquito Malo, chef du Clan del Golfo, décision qualifiée mercredi par le cartel d'"atteinte à la bonne foi et aux engagements de Doha" et justifiant qu'il se retire "provisoirement" des négociations.
"Le président Petro a fait passer ses intérêts personnels avant l'intérêt général, qui est la paix dans les territoires", a affirmé le Clan sur le réseau social.
Des membres du gouvernement ont confirmé à l'AFP que le compte X, où a été publié ce message, appartient à ce gang d'origine paramilitaire.
Le gouvernement colombien et le Clan del Golfo avaient annoncé en septembre qu'ils entamaient des négociations au Qatar, dans la perspective d'un désarmement en échange de bénéfices légaux. Ils étaient parvenus jusqu'ici à quelques accords, notamment sur une désescalade du conflit dans des localités du nord-ouest du pays, dévastées par la violence.
La Colombie et les États-Unis vont également renforcer la poursuite d'Ivan Mordisco, chef de la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui a rejeté l'accord de paix de 2016, ainsi que contre Pablito, leader de l'Armée de libération nationale (ELN), autre guérilla.
Cette nouvelle stratégie change le cap des relations entre Bogota et Washington, affectées par de nombreux affrontements verbaux entre les deux présidents sur les réseaux sociaux.
Avec AFP
