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Grammy Awards 2026 : Bad Bunny et Billie Eilish récompensés et engagés contre ICE
La 68e cérémonie des Grammy Awards a pris une tournure politique, dimanche. Bad Bunny, récompensé comme meilleure musique latine urbaine, a appelé à "mettre dehors" la police américaine de l'immigration ; quand Billie Eilish – prix de la chanson de l'année – s'est opposée aux politiques migratoires de Donald Trump.
Le Portoricain Bad Bunny a prononcé un discours engagé en recevant le prix de la meilleure musique latine urbaine sur la scène de la 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles, dimanche 1er février 2026. © Daniel Cole, Reuters

La scène de la 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles a vu se succéder des artistes aux discours engagés, dimanche 1er février. Le Portoricain Bad Bunny a appelé à "mettre dehors" la police américaine de l'immigration (ICE) en recevant le prix de la meilleure musique latine urbaine sur la scène de la 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles dimanche 1er février.

"Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes américains", a-t-il lancé, exhortant à ne pas se laisser "contaminer" par la "haine".

L'artiste de 31 ans doit se produire à la mi-temps du Super Bowl (la très suivie finale du championnat de football américain) dimanche prochain. Un choix critiqué par la sphère MAGA qui lui reproche de chanter en espagnol et ses prises de position qu'elle qualifie de "woke".

Alors que le président américain Donald Trump a fait des expulsions de migrants un axe central de sa politique, Bad Bunny a décidé que la tournée mondiale qu'il effectue depuis novembre ne passerait pas par les États-Unis pour protéger ses spectateurs de potentiels raids d'ICE.

Porto Rico étant sous juridiction américaine depuis 1898, lui-même est citoyen américain.

Son sixième opus, "Debi Tirar Mas Fotos", lui a valu six nominations aux Grammys, dont la plus prestigieuse: l'album de l'année, qu'il pourrait être le premier artiste chantant en espagnol à obtenir.

"WILDFLOWER" de Billie Eilish, la chanson de l'année

L'Américaine Billie Eilish a remporté le prix de la chanson de l'année, qui récompense les auteurs-compositeurs, pour son titre "WILDFLOWER". Sur scène pour recevoir son trophée, l'artiste de 24 ans a réitéré sa prise de position contre les politiques migratoires répressives du président américain Donald Trump.

"J'ai l'impression qu'il faut simplement continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester. Nos voix comptent vraiment, les gens comptent vraiment", a lancé celle qui dénonce les opérations de la police de l'immigration (ICE), récemment à Minneapolis.

Billie Eilish a créé la surprise en s'imposant face à des poids lourds comme Bad Bunny, Lady Gaga, Kendrick Lamar, Sabrina Carpenter et le titre favori "Golden", tiré de la bande originale du film d'animation phénomème "KPop Demon Hunters".

WILDFLOWER" est une ballade pop-folk où la chanteuse, au timbre unique, confie avec délicatesse être tombée amoureuse de la personne ayant blessé une amie qu'elle a consolée. Le titre, écrit avec son frère et partenaire artistique de toujours Finneas O'Connell, est sorti en 2024 sur le troisième album studio de la chanteuse californienne. Il a connu une seconde vie en 2025 en tant que single, lui permettant d'être nommé pour la chanson et l'enregistrement de l'année, qui récompensent respectivement l'écriture et la production d'un morceau.

À 24 ans, Billie Eilish est déjà une habituée de la cérémonie, puisqu'elle avait remporté neuf Grammys avant dimanche.

De nombreux invités, dont la Canadienne Joni Mitchell, ont profité des Grammys pour marquer leur opposition à la politique anti-immigration de Donald Trump en arborant des badges "ICE OUT" (ICE dehors) ou en saluant sur scène le rôle des immigrés dans la société américaine.

Olivia Dean élue révélation de l'année

La Britannique Olivia Dean a, elle, été élue révélation de l'année, un prix qui consacre son ascension fulgurante. La chanteuse de 26 ans a devancé le groupe féminin Katseye, l'interprète de "Messy", Lola Young, ou encore la star de TikTok devenue chanteuse Addison Rae.

Née à Londres, Olivia Dean a fait sensation en septembre avec la sortie de son deuxième album studio mêlant sonorités soul, R&B et pop, "The Art of Loving". Son single "Man I Need" a pris la tête des classements musicaux dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et l'Australie.

"Je suis une petite-fille d'immigré. Je suis le produit de ce courage et je pense que ces personnes devraient être célébrées. Donc oui, nous ne sommes rien les uns sans les autres", a-t-elle lancé sur scène, dans une apparente référence à la politique anti-immigration du président américain Donald Trump.

Avec AFP