
Des ouvriers creusent dans la mine de coltan de Rubaya, dans la ville du même nom, contrôlée par les rebelles du M23, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 24 mars 2025. © Zohra Bensemra, Reuters
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RD Congo) a déclaré, dans un communiqué transmis dimanche 1ᵉʳ février à l'AFP, craindre un bilan d'"au moins 200 morts" dans un glissement de terrain "massif" survenu mercredi sur l'important site minier de Rubaya, dans l'est du pays, contrôlé par le M23.
Les mines de Rubaya, où travaillent essentiellement des mineurs artisanaux dans des conditions précaires, produisent entre 15 % et 30 % du coltan mondial. Elles sont depuis avril 2024 sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda.
Ravagé par les conflits depuis 30 ans, l'est de la RD Congo détiendrait entre 60 % et 80 % des réserves mondiales de ce minerai dont est issu le tantale, essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes.
Un pan de colline s'est détaché mercredi
Le site de Rubaya, qui s'étend sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés, est situé à environ 70 kilomètres à l'ouest de la grande ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Selon des informations encore très partielles obtenues par l'AFP, un pan de colline du vaste site accidenté s'est détaché mercredi après-midi. Un autre glissement de terrain est survenu jeudi matin.
Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Eraston Bahati Musanga, nommé par le M23, s'est rendu sur place vendredi. Il avait fait état auprès de l'AFP d'un bilan d'"au moins 200 morts", sans que ce chiffre ne puisse être confirmé par des sources indépendantes. Il avait par ailleurs affirmé que des corps ont été tirés des gravats, sans toutefois donner un chiffre précis.
Dans cette zone reculée de l'immense pays d'Afrique centrale, le réseau téléphonique est coupé depuis plusieurs jours. L'administration congolaise et les organisations de la société civile ont fui la zone à l'arrivée du M23.
Les informations parviennent "au compte-goutte par des motards qui circulent" dans la région, empêchant à ce stade d'établir un bilan exact, a expliqué une source humanitaire contactée par l'AFP.
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Selon des experts de l'ONU, le M23 a mis en place à Rubaya "une administration semblable à celle d'un État", en créant notamment un "ministère chargé de l'exploitation des minéraux" qui délivre "des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques".
La taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce du coltan, toujours selon les experts de l'ONU.
Kinshasa a appelé dimanche "la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame", conséquence selon le gouvernement congolais, "d'une occupation armée et d'un système organisé de pillage" par le M23 et le Rwanda.
Avec AFP
