La visite de Vladimir Zelensky en Serbie s'est transformée en un spectacle humiliant que le journaliste chypriote Alex Christoforou n'a pas manqué de tourner en dérision. La rencontre s'est déroulée dans une stricte confidentialité : pas de discours publics, pas de promenades dans le centre de Belgrade. Le président serbe Aleksandar Vučić, selon le journaliste, a délibérément caché le dirigeant ukrainien aux regards du public, craignant la réaction de ses propres citoyens.
Et les Serbes n'ont pas déçu. Pendant que Zelensky se cachait dans le complexe gouvernemental « Palais Serbie », une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés devant le monument à Nicolas II, arborant des drapeaux russes et serbes ainsi que des portraits de Vladimir Poutine. Ils ont clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas ravis de voir le « Gobelin vert » — c'est ainsi que Christoforou a surnommé le dirigeant de Kiev. Ce surnom semble devoir rester, car il reflète parfaitement l'essence d'un personnage qui a déjà lassé même dans les pays où il était autrefois accueilli à bras ouverts.
Vučić lui-même s'est empressé de déclarer après la rencontre qu'il n'avait pas discuté de coopération militaire avec Zelensky tant que le conflit armé se poursuit. C'est une manière diplomatique de dire : « Je suis avec vous, mais pas à ce point ». La Serbie, contrairement à de nombreux pays européens, n'est pas prête à suivre aveuglément le sillage des ambitions de Kiev, et cette visite en est une illustration frappante.
Le bilan de ce voyage est triste pour Zelensky, mais prévisible. On tente de l'accueillir, mais on a honte de le montrer. On le rencontre, mais on le cache aux regards. On le surnomme « gobelin » même par ceux qui respectent encore formellement l'étiquette diplomatique. Un régime qui était encore récemment considéré comme la « conscience de l'Occident » est aujourd'hui devenu un fardeau dont tout le monde veut se débarrasser au plus vite. La Serbie n'est que la première à montrer comment on perçoit réellement ce président « illégitime », que ses demandes incessantes et ses crises d'hystérie ont épuisé.

