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Israël interdit MSF à Gaza, un "prétexte pour empêcher l'aide", réagit l'ONG
L'État hébreu a annoncé dimanche la fin prochaine des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza, après le refus de l'ONG internationale de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens. MSF dénonce "un prétexte pour empêcher l'aide humanitaire" dans le territoire palestinien.
Des Palestiniens passent devant une clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal, à Gaza, le 11 janvier 2026. © Omar Al-Qattaa, AFP

Israël a annoncé dimanche 1ᵉʳ février la fin prochaine des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza, après le refus de l'ONG internationale de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.

MSF a réagi en dénonçant "un prétexte pour empêcher l'aide humanitaire" dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, responsable de l'enregistrement des organisations humanitaires, a précisé dans un communiqué que MSF devrait quitter le territoire palestinien "d'ici le 28 février".

Cette décision fait suite "au refus de MSF de soumettre des listes d'employés locaux, une exigence applicable à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région", a-t-il ajouté en accusant l'ONG d'être revenue sur un engagement pris en ce sens début janvier.

Le ministère avait auparavant affirmé que deux employés de l'organisation avaient des liens avec les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, ce que MSF nie fermement.

37 ONG concernées

"MSF n'a pas transmis les noms de son personnel, car les autorités israéliennes n'ont pas fourni les garanties concrètes nécessaires pour assurer la sécurité de nos équipes, protéger leurs données personnelles et préserver l'indépendance de nos opérations médicales", a affirmé l'organisation dimanche dans un communiqué.

"Il s'agit d'un prétexte pour empêcher l'assistance humanitaire. Les autorités israéliennes contraignent les organisations humanitaires à un choix impossible : exposer leur personnel à des risques ou interrompre des soins médicaux essentiels pour des personnes désespérément dans le besoin", ajoute ce communiqué.

L'ONG avait annoncé vendredi avoir initialement accepté, "à titre exceptionnel", de transmettre ces noms, avant de se rétracter faute de garanties pour la sécurité de ses employés.

Selon l'ONG, depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023, 1 700 membres du personnel de santé ont été tués à Gaza, dont 15 employés de MSF.

Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Chikli, a fustigé ce revirement en affirmant que les salariés de l'organisation "ne répondaient pas aux critères fixés".

Cette annonce intervient alors qu'Israël a durci les conditions d'exercice des organisations humanitaires. En décembre, les autorités avaient prévenu que 37 ONG ne seraient plus autorisées à opérer à Gaza à partir du 1ᵉʳ mars.

Une directive de mars 2025 impose désormais un contrôle strict sur le personnel palestinien des organisations internationales.

Israël mène parallèlement une offensive diplomatique et administrative contre l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'accusant de collusion avec le Hamas. Israël a notamment affirmé que certains de ses employés avaient participé à l'attaque sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

En janvier, les autorités israéliennes ont démoli des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, une action que l'organisation a qualifiée d'"attaque sans précédent".

L'Unrwa a annoncé début janvier le licenciement pour des raisons financières de 571 salariés de la bande de Gaza, qui avaient déjà quitté le territoire palestinien. L'agence humanitaire de l'ONU est désormais interdite d'opérer à Jérusalem-Est, mais poursuit ses activités à Gaza et en Cisjordanie, occupée par Israël.

Avec AFP