
Une vue aériennne de Nuuk, capitale du Groenland, le 11 mars 2025. © Odd Andersen, AFP
Il persiste et signe. Donald Trump a insisté, mercredi 14 janvier, sur la nécessité pour les États-Unis de s'emparer du Groenland, avec le soutien de l'Otan, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l'avenir du territoire autonome danois.
Les États-Unis "ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d'Or [le projet de bouclier antimissile, NDLR] que nous construisons", a dit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l'obtenions", a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l'Alliance atlantique.
"L'Otan devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des ÉTATS-UNIS. Tout autre scénario est inacceptable", a conclu Donald Trump.
Pour afficher ce contenu , il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixLa Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu'une attaque américaine sur le Groenland serait "la fin de tout" et en particulier de l'Otan.
Pour amadouer l'administration américaine, le Danemark a promis qu'il allait "renforcer sa présence militaire" au Groenland et dialoguer avec l'Otan pour accroître la présence alliée dans l'Arctique, a annoncé à l'AFP le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen.
Depuis son retour au pouvoir, il y a près d'un an, Donald Trump évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée.
Il fait pour la première fois un lien entre le Dôme d'Or, gigantesque projet de bouclier qui doit permettre l'interception de missiles quelle que soit leur provenance, et la possession du Groenland.
JD Vance hôte
JD Vance avait tenu des propos très durs à l'encontre de Copenhague lors d'une visite au printemps au Groenland, où il n'avait pas été invité. Qualifiant le Danemark de "mauvais allié", il avait fustigé la faiblesse de l'engagement du pays au Groenland et sur la sécurité arctique.
Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a dit espérer lever "certains malentendus" au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l'île aux États-Unis.
Donald Trump a accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu'il s'emparerait "d'une manière ou d'une autre" du territoire autonome danois. Il affirme que les États-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique.
Face à ces menaces, les Européens soutiennent le Danemark : Emmanuel Macron a jugé qu'une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait "des conséquences en cascade inédite".
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que les habitants du territoire autonome "peuvent compter sur nous".
"Crise géopolitique"
Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d'études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait tourner court si les Américains campent sur leur exigence d'obtenir le Groenland coûte que coûte. Mais, "s'il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente", estime-t-elle.
"Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les États-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark", a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l'occasion d'un déplacement à Copenhague.
"Le Groenland n'appartiendra pas aux États-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les États-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des États-Unis", a-t-il martelé.
Au côté de Jens-Frederik Nielsen à Copenhague, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé qu'il n'avait pas été facile de résister à ce qu'elle a qualifié de "pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié".
Le Danemark, membre de l'Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine. Copenhague rappelle avoir notamment investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique.
Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain – composée principalement de démocrates, mais aussi d'un républicain – doit se rendre à Copenhague pour exprimer sa solidarité avec le Danemark.
"Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu'affaiblir notre alliance au sein de l'Otan", a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin, l'un des membres de cette délégation.
Avec AFP
