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L'ayatollah Ali Khamenei tué dans l'attaque israélo‑américaine, l'Iran décrète 40 jours de deuil
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué samedi dans l'attaque d'Israël et des États-Unis contre l'Iran. a riposté par des tirs de missiles contre Israël et les États du Golfe. Le principal responsable de la sécurité de l'Iran, Ali Larijani, a mis en garde dimanche contre les tentatives de division dans le pays 
Rassemblement à Téhéran pour porter le deuil du guide suprême Ali Khamenei, le 1er mars 2026 © Atta KENARE / AFP

Les médias officiels iraniens ont confirmé ⁠dimanche que l'ayatollah ​Ali Khamenei avait été tué dans les frappes menées par Israël et les États-Unis, tandis que l'armée ​israélienne a déclaré dans la nuit de samedi à dimanche qu'elle avait lancé de nouvelles frappes contre l'Iran. 

Voici les principaux développements du conflit samedi 28 février :

Mort de Khamenei

"Khamenei, l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire, est mort", a affirmé le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Une annonce confirmée tôt dimanche par la télévision d'État iranienne. Une période de deuil de 40 jours ainsi que 7 jours fériés ont été décrétés après la mort à 86 ans du guide suprême au pouvoir depuis 1989.

Celle-ci a précisé que la transition serait assurée par un triumvirat composé du président iranien, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, ainsi que d'un membre du Conseil des gardiens de la Constitution.

Des milliers de personnes ont convergé dimanche vers l'emblématique place Enghelab pour rendre hommage au dirigeant disparu, scandant "À mort l'Amérique!", "À mort Israël !", ont constaté des journalistes de l'AFP. Le drapeau noir a par ailleurs été hissé en signe de deuil sur le sanctuaire de Mashhad, le plus sacré sur le sol iranien, dans le nord-est du pays.

Le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu avait, le premier, affirmé que "de nombreux signes" indiquaient que le dirigeant était mort. Selon la télévision israélienne, "30 bombes" ont été larguées sur son complexe résidentiel.

La fille d'Ali Khamenei, son gendre et sa petite-fille ont également été tués, selon les médias iraniens.

L'armée israélienne a également annoncé que sept hauts responsables iraniens avaient été "éliminés". Les morts du chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, et du conseil de Khamenei, Ali Shamkhani, ont été confirmées dimanche par l'Iran.

Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont tous deux appelé les Iraniens "à renverser le régime".

Des cris de joie ont résonné dans plusieurs quartiers de Téhéran samedi soir, selon des témoins.

L'ayatollah Ali Khamenei tué dans l'attaque israélo‑américaine, l'Iran décrète 40 jours de deuil
Iran: plusieurs villes touchées par des explosions © Sylvie HUSSON, Nalini LEPETIT-CHELLA, Sabrina BLANCHARD / AFP

À 17H30 GMT samedi, le Croissant-Rouge iranien a annoncé plus de 200 morts.

Le pouvoir judiciaire iranien a fait état d'au moins 108 morts dans une école de filles. L'AFP n'a pas pu accéder à cette école et n'est pas en mesure de vérifier ce bilan.

À l'ONU, l'Iran a dénoncé un "crime de guerre" devant le Conseil de sécurité.

Selon l'agence de presse Fars, des explosions ont touché notamment Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, à l'ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest) et Chiraz (sud).

L'Iran a par ailleurs annoncé à l'Union européenne la fermeture "de facto" du détroit d'Ormuz, par où transite 20% du pétrole brut mondial.

La région destabilisée

Aucun pays n'est épargné dans une région où les États-Unis disposent de bases militaires.

Dimanche, l'Iran a annoncé de nouvelles frappes sur Israël et des bases américaines dans le Golfe. Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti en Israël et de fortes explosions ont été entendues notamment à Doha, à Manama et à Dubaï, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Par ailleurs, de fortes explosions ont été entendues dimanche matin près de l'aéroport d'Erbil, qui abrite les troupes de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis dans la région autonome du Kurdistan irakien, selon un journaliste de l'AFP.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a cependant assuré sur X que "les dégâts sur les sites américains ont été minimes et n'ont pas affecté les opérations", ni fait de victimes.

Les Émirats disent avoir été visés par 137 missiles et 209 drones tirés par l'Iran, selon le ministère de la Défense.

Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir entendu une explosion et vu une colonne de fumée s'élever de l'emblématique île artificielle de Dubaï, The Palm. Quatre blessés, selon les autorités.

Par ailleurs, "la chute de débris de missiles dans un quartier résidentiel" d'Abou Dhabi "a entraîné la mort d'un civil de nationalité asiatique" (ministère de la Défense).

L'ayatollah Ali Khamenei tué dans l'attaque israélo‑américaine, l'Iran décrète 40 jours de deuil
Le système de défense antimissile israélien Dôme de fer en action dans le ciel de Jérusalem, le 28 février 2026 © Jack GUEZ / AFP

Et au moins une autre personne a été tuée, également un ressortissant asiatique, et sept blessées dans un "incident" à l'aéroport d'Abou Dhabi, selon son gérant.

Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu de la fumée s'élever de la base d'Al Dhafra, à Abou Dhabi.

Un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine a été touché par une "attaque de missile", selon le Centre national de communication de Bahreïn.

Les habitants du quartier sont évacués et "plusieurs immeubles résidentiels à Manama" ont été touchés", selon le ministère de l'Intérieur. Écoles et universités sont passées à l'enseignement à distance jusqu'à nouvel ordre.

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a appelé samedi à contenir une "dangereuse escalade" au Moyen-Orient, lors d'un appel téléphonique avec Donald Trump.

Plusieurs explosions ont été entendues au-dessus du centre de Doha et près de la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région.

Huit blessés, dont un grave, sont à déplorer dans le pays, a indiqué un diplomate à l'AFP.

Un drone a frappé l'aéroport international du Koweït, faisant des blessés légers (Autorité de l'aviation civile). Trois membres de l'armée ont été blessés sur la base aérienne d'Ali Al-Salem (ministère koweïtien de la Défense).

Plusieurs explosions ont été entendues à Riyad. Aucun bilan disponible.

Israël a annoncé avoir visé des positions du Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban, comme régulièrement ces dernières semaines. Les États-Unis exhortent leurs ressortissants à quitter le pays.

L'armée affirme avoir intercepté 13 missiles balistiques depuis samedi matin et a fait état de "dégâts matériels" dus à 73 cas de chutes de fragments de projectiles. L'ambassade des États-Unis à Amman a demandé à son personnel et ses ressortissants de se confiner.

Deux frappes ont visé la base militaire de Jurf al-Sakher (ou Jurf al-Nasr, sud), selon les autorités. Elle abrite le groupe Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires intégrés aux troupes régulières, ainsi que le puissant groupe armé pro-iranien Kataëb Hezbollah.

La défense antiaérienne américaine a été engagée contre des drones au-dessus d'Erbil, selon des journalistes de l'AFP.

À Bagdad, des manifestants tentent par ailleurs dimanche matin de prendre d'assaut la zone hébergeant l'ambassade des Etats-Unis, a dit une source sécuritaire irakienne à l'AFP.

Israël en "état d'urgence spéciale"

Sur la journée de samedi, "environ 200 avions de combat (...) ont mené une frappe massive contre le dispositif de missiles et les systèmes de défense du régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran", a indiqué l'armée, affirmant qu'il s'agit du "plus grand raid aérien de l'histoire de l'armée de l'air israélienne".

Quelque 500 cibles ont été visées. L'attaque américano-israélienne sur l'Iran durera "aussi longtemps que nécessaire", ont affirmé Benjamin Netanyahu et Donald Trump.

Israël a déclaré un état d'urgence spécial. L'armée israélienne a annoncé que "plusieurs points d'impact" étaient dus à des missiles iraniens.

Une femme d'une quarantaine d'années a été tuée samedi soir dans la région de Tel-Aviv, selon les secours.

Des explosions ont été entendues samedi soir dans le centre d'Israël ainsi qu'à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Les abris publics de la ville sont ouverts. Les écoles ainsi que les lieux de travail et de rassemblement resteront fermés jusqu'à 18 h 00 GMT lundi, selon la mairie de Jérusalem.

Le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Égypte a été fermé.

Trump vise le pouvoir iranien

L'ayatollah Ali Khamenei tué dans l'attaque israélo‑américaine, l'Iran décrète 40 jours de deuil
Des gens se mettent à l'abri dans un parking après que l'armée israélienne a annoncé avoir détecté des tirs de missiles d'Iran en direction d'Israël, le 28 février 2026 © John WESSELS / AFP

Le président américain a appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir, dans une vidéo sur sa plateforme Truth Social.

"Nous allons détruire leurs missiles, (...) raser leur industrie de missiles" et "réduire à néant leur marine".

Aux autorités iraniennes : "Vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine".

Au peuple iranien : "L'heure de votre liberté est à portée de main (...). Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir."

Aux Américains : "De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes."

L'armée américaine a déclaré avoir utilisé pour la première fois au combat des drones explosifs, une technologie employée notamment par l'Iran et dans la guerre entre l'Ukraine et la Russie.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé l'opération "conforme au droit international".

La France, en revanche, "n'a été ni prévenue ni impliquée", a dit son président, Emmanuel Macron.

(AFP)