
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, lors d'un meeting à La Havane, le 3 janvier 2026, après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis. © Ramon Espinosa, AP
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a appelé, samedi 3 janvier, les pays d'Amérique latine à "serrer les rangs" après l'opération militaire des États-Unis et l'"enlèvement" du président Nicolas Maduro au Venezuela, un allié de poids de La Havane.
"Peuples d'Amérique, serrons les rangs !", a lancé le président cubain lors d'une manifestation à La Havane, convoquée en toute hâte par le Parti communiste au pouvoir, pour dénoncer "l'agression militaire" de Washington contre le Venezuela.
Lors de la manifestation, organisée sur une place de la capitale dénommée "tribune anti-impérialiste" et située face à l'ambassade des États-Unis, le président cubain a condamné l'"attaque brutale et perfide" lancée par Washington et "l'inacceptable, vulgaire et barbare enlèvement" de Nicolas Maduro.
"Personne, un minimum informé, ne peut ignorer ni sous-estimer les graves implications de tels actes criminels pour la paix régionale et mondiale", a ajouté le président cubain devant plusieurs milliers de personnes, dont l'ambassadeur du Venezuela à La Havane, Orlando Maneiro.
"Cuba et Venezuela, un seul drapeau !", "À bas l'impérialisme", ont scandé les manifestants, brandissant des drapeaux des deux pays.
"Nous n'avons pas peur, nous sommes prêts à faire face à tout ce qui sera nécessaire pour le Venezuela, pour Cuba", a déclaré à l'AFP Yamila Sarduy, 52 ans, une des participantes.
La Colombie et Cuba mis en garde
Le président colombien Gustavo Petro a également dénoncé l'opération américaine, ce à quoi Donald Trump a répondu en lui conseillant de "faire gaffe à ses fesses", après avoir affirmé que tout pays produisant de la cocaïne vendue aux États-Unis était "susceptible d'être attaqué".
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a quant à lui déclaré que le gouvernement cubain devrait s'inquiéter après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro.
"Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en Floride, au côté du président américain Donald Trump, ajoutant que "Cuba est une catastrophe" et que le pays est "dirigé par des hommes incompétents et séniles".
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a accru la pression sur Cuba, pays qu'il a réinscrit sur la liste américaine des "États sponsors du terrorisme", ce qui entrave notamment le commerce et les investissements.
Sous l'effet conjugué de l'embargo de Washington et des faiblesses structurelles de son économie centralisée, l'île fait face à sa pire crise économique depuis trente ans. Elle souffre d'un manque de devises et de graves pénuries de carburant, qui affecte sa production d'électricité et son activité économique.
Le Venezuela lui fait parvenir du pétrole, en échange de l'envoi de personnels techniques, notamment médicaux.
Avec AFP
