logo

Le président syrien en visite historique à Washington pour négocier la levée des sanctions
Le président syrien Ahmed al-Charaa deviendra début novembre le premier dirigeant de son pays reçu à la Maison Blanche. Au menu des discussions : la levée des sanctions imposées à la Syrie, la reconstruction du pays et la lutte antiterroriste, a annoncé Damas, dimanche.
Le président syrien Ahmed al-Charaa à Damas, en Syrie, le 27 juillet 2025. © AP

Une visite "historique". Ahmed al-Charaa, qui deviendra le premier président syrien à se rendre à la Maison Blanche dans quelques jours, y abordera la levée des sanctions encore imposées à son pays, la reconstruction et la lutte contre le terrorisme, a déclaré dimanche 2 novembre le chef de la diplomatie syrienne.

Ahmed al-Charaa est attendu à Washington début novembre, a indiqué le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani, lors d'une conférence sur la sécurité à Manama, au Bahreïn. "Cette visite est assurément historique", a-t-il déclaré.

Selon une source au sein du ministère, aucun chef de l'État syrien ne s'était jamais rendu à la Maison Blanche auparavant.

L'émissaire américain, Tom Barrack, avait annoncé cette visite à des journalistes la veille, lors de la même conférence à Manama, disant espérer voir adhérer le président syrien par intérim à la coalition contre le groupe État islamique.

La reconstruction en Syrie

Ce sera la deuxième visite aux États-Unis d'Ahmed al-Charaa après son passage en septembre à l'ONU à New York, où cet ancien jihadiste est devenu le premier président syrien depuis 1967 à s'adresser à l'Assemblée générale.

"De nombreux sujets seront abordés, à commencer par la levée des sanctions", a indiqué Assaad al-Chaibani. "Aujourd'hui, nous combattons" le groupe État islamique, "tout effort dans ce sens nécessite un soutien international".

Les discussions porteront également sur la reconstruction en Syrie, après plus de quatorze ans de guerre, a-t-il précisé.

Ahmed al-Charaa, dont les forces ont renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, a rencontré Donald Trump pour la première fois en mai en Arabie saoudite, où le président américain s'était engagé à lever les sanctions paralysantes imposées à la Syrie.

Donald Trump a exprimé l'espoir que la Syrie rejoigne la liste des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham en 2020.

"C'est un sujet qui n'a pas été envisagé et qui n'a pas été discuté", a affirmé, samedi, Assaad al-Chaibani.

Un accord de sécurité

Les deux pays restent techniquement en état de guerre mais ont ouvert des négociations directes après le renversement de Bachar al-Assad.

Ahmed al-Charaa avait indiqué en septembre qu'elles visaient à parvenir à un accord de sécurité qui permettrait à Israël de se retirer des zones qu'il occupe depuis le renversement de Bachar al-Assad.

Damas s'attend à finaliser un accord d'ici fin 2025, avait déclaré à l'AFP plus tôt cette année un responsable syrien.

Depuis décembre, la Syrie est la cible d'attaques et incursions répétées d'Israël, auxquelles elle n'a pas riposté.

"Nous ne voulons pas que la Syrie entre dans une nouvelle guerre, et la Syrie n'est actuellement pas en position de menacer qui que ce soit, y compris Israël", a déclaré Assaad al-Chaibani.

Avec AFP