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Climat : Lula affiche un bilan plutôt flatteur avant la COP30 au Brésil
À moins d'un mois de la COP30 à Belém, ville portuaire d'Amazonie, Lula affiche un bilan climatique encourageant. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2023, le président brésilien a fait de la protection de l'environnement l'une de ses priorités : il a ralenti la destruction de la forêt amazonienne, relancé le Fonds Amazonie ou encore créé un ministère des Peuples indigènes.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s'exprime lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Rome, le 13 octobre 2025. © Andrew Medichini, AP

Hôte de la 30e conférence des Nations unies sur le climat du 10 au 21 novembre, le président brésilien Lula affiche un bilan globalement positif en matière de défense du climat, avec comme principal trophée une forte baisse de la déforestation en Amazonie.

La destruction de la plus grande forêt tropicale de la planète avait bondi sous son prédécesseur climato-sceptique Jair Bolsonaro (2019-2022), soutenu par le puissant lobby de l'agro-négoce.

Ce groupe de pression demeure très influent au Parlement, et met constamment au défi le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva en cherchant à assouplir la législation environnementale.

Promesse d'éradication de la déforestation

Le président de gauche est lui-même ciblé par les écologistes pour son soutien à un projet d'exploration pétrolière au large de l'Amazonie.

L'idée d'accueillir la conférence de l'ONU sur le climat dans la ville amazonienne de Belem a été annoncée fin 2022 durant la COP27, en Égypte. Lula y avait été accueilli en héros, proclamant que le Brésil était "de retour", peu après avoir remporté la présidentielle face à Jair Bolsonaro.

Premier symbole fort : il a nommé au ministère de l'Environnement Marina Silva, qui était déjà parvenue à faire baisser fortement la déforestation pendant les deux premiers mandats de Lula (2003-2010).

Ce dernier a également réactivé dès son retour au pouvoir en janvier 2023 le Fonds Amazonie, mécanisme de financement international qui avait été suspendu sous son prédécesseur.

Le président brésilien s'est également engagé à éradiquer la déforestation d'ici 2030. En Amazonie il a vite engrangé des résultats spectaculaires. Après y avoir atteint plus de 10 000 km² en 2022, dernière année de la présidence Bolsonaro, la déforestation a diminué de moitié dès 2023, et continué à baisser pour atteindre près de 4 200 km² en 2024.

Ministère des Peuples indigènes

Le déboisement a aussi baissé dans d'autres écosystèmes sensibles, comme le Cerrado, savane très riche en biodiversité située au sud de l'Amazonie. Cependant, ce bilan a été terni quand le Brésil a subi l'an dernier l'une des pires vagues d'incendies de forêt de son histoire, le feu – très souvent lié à l'activité agricole – se propageant à la faveur d'une sécheresse liée selon les experts au réchauffement climatique.

Lula a également créé le ministère des Peuples indigènes et légalisé 16 réserves indigènes au cours de son troisième mandat, un processus qui avait été paralysé par les gouvernements précédents. De nombreux experts estiment que ces territoires, protégés par l'État, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, agissant comme un rempart contre la déforestation et les incendies.

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Pour Marcio Astrini, de l'Observatoire du climat, un collectif brésilien d'ONG, la démarcation des terres réservées aux autochtones est particulièrement importante dans le cas où un candidat climato-sceptique remporterait l'élection présidentielle de 2026. "Un nouveau gouvernement peut retirer le budget des politiques climatiques, mais il ne pourra pas défaire une zone indigène protégée", déclare-t-il à l'AFP.

Au-delà de la lutte contre la déforestation au Brésil, le gouvernement brésilien a conçu une initiative mondiale pour financer la conservation des forêts en danger : la Facilité de financement des forêts tropicales (TFFF, selon l'acronyme anglais). "C'est la principale contribution que le Brésil entend apporter à la COP", a expliqué le ministre des Finances, Fernando Haddad. Les autorités envisagent le TFFF comme un fonds de plus de 100 milliards de dollars de capitaux publics et privés.

Lula a annoncé que le Brésil investirait un milliard de dollars dans cette initiative, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York en septembre.

Avec AFP