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Eurobasket : après les JO qui l’ont mis dans la lumière, Guerschon Yabusele nouveau leader des Bleus
L’équipe de France masculine de basket entame jeudi son championnat d’Europe contre la Belgique à Katowice, en Pologne. En l’absence de sa star Victor Wembanyama et de plusieurs vétérans, elle sera emmenée par son nouveau capitaine, Guerschon Yabusele, devenu célèbre dans le monde entier grâce à son dunk sur LeBron James lors de la dernière finale olympique.
Le Français Guerschon Yabusele dunke sur l'Américain LeBron James en finale du tournoi olympique de basket masculin, le 10 août 2024, à Paris. © Damien Meyer, AFP

L’image est encore dans toutes les têtes : Guerschon Yabusele écrasant un énorme dunk sur la tête de la superstar américaine LeBron James en finale des Jeux olympiques de Paris 2024. Une action d’éclat qui a fait le tour de la planète et changé le statut de l’intérieur français, qui retrouve le maillot bleu, jeudi 28 août, pour disputer le championnat d’Europe de basket (27 août-14 septembre en Lettonie, à Chypre, en Finlande et en Pologne).

"Ça a été une année assez folle. Tout le monde ne me parle que de ça. Dans toutes les villes NBA où on se déplaçait avec Philadelphie, les gens avaient le poster du dunk et voulaient que je le signe. Pendant la saison, certains joueurs venaient me féliciter en plein milieu du match. C’est cool", s’enthousiasme Guerschon Yabusele*, qui jouait l’an passé aux Philadelphie Sixers et a signé durant l’été un contrat de deux ans pour 12 millions de dollars avec les New York Knicks.

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Une revanche pour ce basketteur français qui avait connu une première expérience malheureuse en NBA. Drafté en 2016 par les Boston Celtics à tout juste 20 ans après deux saisons à Roanne et une saison à Rouen, le natif de Dreux, en Eure-et-Loir, n’avait jamais vraiment eu sa chance au sein d’une formation qui visait le titre.

Frustré de passer davantage de temps sur le banc des Celtics ou sur les parquets de la G-League, la ligue de développement affiliée à la NBA, Guerschon Yabusele décide en 2019 de partir jouer en Chine, avant de revenir dans le championnat de France en février 2020, à Lyon-Villeurbanne, en raison de l’épidémie de Covid-19. Un choix payant, puisqu’il s’impose rapidement comme l’un des meilleurs joueurs d’Europe à son poste. Au terme d'une saison 2020/2021 conclue par un titre de champion de France, Guerschon Yabusele signe au Real Madrid et intègre l’équipe de France pour les Jeux olympiques de Tokyo de 2021.

S’enchaînent alors durant trois ans trophées et médailles : champion d’Espagne 2022 et 2024 et champion d’Europe 2023 avec le Real ; vice-champion d’Europe 2022 et vice-champion olympique 2021 et 2024 avec les Bleus. Le tout en jouant un rôle majeur dans chacune de ces équipes.

"Le regard sur moi a changé"

Mais ce n’est qu’avec le tournoi olympique parisien, lors duquel il fut l’un des fers de lance de l’équipe de France, qu’il finit par se rappeler au bon souvenir des franchises NBA. "Ça faisait quand même cinq ans que j’étais rentré en Europe sans vraiment avoir d’opportunité [de retourner aux États-Unis, NDLR]. Ces JO ont clairement changé le cours de ma carrière", reconnaît-il aujourd’hui.

Guerschon Yabusele opte finalement pour les Philadelphie Sixers, qui n’ont pourtant qu’une seule année de contrat au minimum salarial (2,1 millions de dollars tout de même) à lui offrir. Pire, la franchise de la ville de l’amour fraternel ne peut payer, selon la réglementation NBA, que 764 000 euros sur les 2,5 millions que coûte la clause de sortie du Real Madrid, club avec lequel le Français est en principe engagé jusqu’en 2025.

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Le joueur tente alors un pari inédit : payer de sa poche la différence, soit environ 1,8 million d’euros, en espérant réaliser une belle saison NBA qui lui permettra ensuite de signer un deal plus lucratif. "C'est maintenant à Guerschon de montrer qu'il peut aller chercher un contrat plus important la saison prochaine, explique en août 2024 son agent Olivier Mazet dans L’Équipe. C'est un choix sportif et non financier."

Encore une fois, la décision est la bonne. "L’Ours dansant" – son surnom – trouve parfaitement sa place à Philadelphie dans un effectif touché par de nombreuses blessures, terminant sa première vraie saison NBA à 11,0 points, 5,6 rebonds et 2,1 passes décisives en 27,1 minutes en moyenne par match. Des statistiques et surtout une mentalité de guerrier sur le terrain qui ont convaincu les New York Knicks de lui faire une offre alléchante. "C’est clair que le regard sur moi a changé", convient-il, lui qui aborde également l’Eurobasket avec un nouveau rôle.

Nouveau rôle avec les Bleus

Seulement trois joueurs de l’aventure Paris 2024 sont présents cet été dans une équipe de France considérablement rajeunie. Les anciens Nando De Colo (38 ans) et Nicolas Batum (36 ans) ont en effet pris leur retraite internationale, tandis que Rudy Gobert (33 ans) est absent pour raisons personnelles et que Evan Fournier (32 ans) et Mathias Lessort (29 ans) sont forfaits sur blessure – tout comme la star Victor Wembanyama (21 ans) et le meneur Matthew Strazel (23 ans).

C’est ainsi qu’à 29 ans et 57 sélections au compteur, Guerschon Yabusele fait désormais figure de vétéran au sein des Bleus, dont la moyenne d’âge pour ce championnat d’Europe est de 25,4 ans. "Ça me fait bizarre de me dire que je suis un des anciens maintenant. On est dans un nouveau groupe, il y a beaucoup de jeunes. On en rigolait l’autre jour parce que j’ai 10 ans de plus que Zaccharie Risacher. Ça m’a mis un coup !", raconte-t-il le sourire aux lèvres.

Seul joueur de l’équipe à avoir connu les quatre dernières compétitions (JO 2021, Euro 2022, Mondial 2023, JO 2024), il possède une expérience qui a logiquement poussé l’entraîneur Frédéric Fauthoux, qui a succédé à Vincent Collet après les Jeux olympiques, à en faire son capitaine.

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"Capitaine ou pas capitaine, j’essaie de rester la même personne et de toujours penser en premier au collectif. Mon but, c’est d’être cette passerelle entre le staff technique et les joueurs pour que tout le monde soit sur la même longueur d’ondes", explique-t-il, estimant que ce groupe a de quoi "faire partie des meilleures équipes du tournoi".

Versés dans le groupe D avec la Slovénie de Luka Doncic, la Pologne, la Belgique, Israël et l’Islande, Guerschon Yabusele et les Bleus visent le podium. Ils débutent leur compétition jeudi face aux Belges.

*Les propos de Gerschon Yabusele ont été recueillis par France 24 lors d’un point presse organisé au début de la préparation de l’équipe de France le 29 juillet à l’Insep.