
Lors du sommet du Commonwealth à Trinidad-et-Tobago, le président français a plaidé, à 10 jours de la conférence de Copenhague, en faveur d'un plan "justice-climat" pour venir en aide aux pays les plus pauvres touchés par le réchauffement climatique.
REUTERS - Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que la conférence de Copenhague sur le climat, qui s'ouvre le 7 décembre, décide un plan massif d'aide aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables au réchauffement climatique.
Un tel programme est une des clés d'un accord équilibré pour succéder au protocole de Kyoto, a-t-il déclaré devant une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement du Commonwealth réunis en sommet à Trinidad-et-Tobago - une première pour un
président français.
"Un véritable plan justice-climat doit être élaboré pour permettre l'accès des pays les moins avancés à l'énergie, pour aider les Etats insulaires à faire face aux conséquences de la montée des eaux et pour relever ensemble les défis du développement et du changement climatique", a-t-il dit.
Le ministre français de l'Ecologie a pratiquement fait le tour de la planète ces derniers mois pour proposer un tel plan, notamment aux pays africains, et il était ces derniers jours en Chine pour le défendre.
Le plan "justice-climat" élaboré par Jean-Louis Borloo propose de financer quelque 490 milliards de dollars d'aide publique internationale aux pays les pauvres sur 20 ans par une taxe de 0,01% sur les mouvements financiers internationaux.
Sur ce total, 250 milliards de dollars seraient consacrés au seul développement des énergies renouvelables en Afrique.
"COMMENCER SANS ATTENDRE"
Sans attendre la mise en place d'un plan, il a proposé, comme le Premier ministre britannique Gordon Brown, que la conférence de Copenhague prévoit un premier engagement financier de 10 milliards de dollars par an pour les années 2010, 2011 et 2012 en faveur des pays les plus pauvres.
Nicolas Sarkozy souhaite que 20% de cette somme soit consacrée à la lutte contre la déforestation et que cet effort soit accentué à partir de 2013.
"Je propose que nous adoptions ensemble l'objectif de réduire de moitié la déforestation d'ici à 2020 et d'y mettre un terme d'ici à 2030. Et nous devons commencer sans attendre", a-t-il déclaré, selon le texte de son intervention.
Le président français avait participé jeudi à une réunion des huit pays de l'Organisation du traité de coopération amazonienne, à Manaus, au coeur de l'Amazonie, à l'invitation de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
La forêt amazonienne est le premier "poumon" forestier de la planète mais la déforestation y fait des ravages.
Gordon Brown avait aussi lancé, auparavant, un appel à la création d'un fonds de 10 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres en 2010-2011-2012, en attendant que le futur traité sur le climat prenne pleinement effet.
Selon des responsables britanniques, la Grande-Bretagne serait prête à y contribuer à hauteur de 800 millions de livres terling (1,3 milliard de dollars) sur trois ans.
Les 53 pays du Commonwealth rassemblent un quart de la population de la planète et la moitié d'entre eux sont des nations insulaires, dont beaucoup sont menacés par la montée du niveau des mers du fait du réchauffement climatique.
Ils représentent un condensé de tous les problèmes qui seront soulevés à Copenhague.
Avant de s'adresser à eux, Nicolas Sarkozy avait déjeuné avec le Premier ministre indien Manmohan Singh, qu'il voudrait entraîner dans sa démarche commune avec le Brésil en faveur d'un accord ambitieux et contraignant à Copenhague.
Le premier ministre Danois, Lars Rasmussen, hôte de la conférence de Copenhague, était également à Port-of-Spain.
Nicolas Sarkozy a invité les pays du Commonwealth à soutenir la démarche en deux temps du dirigeant danois.
"La voie qu'il propose, celle d'un accord prévoyant des engagements contraignants qui seraient traduits sous forme juridique dès 2010, est la seule possible", a-t-il dit. "Un
soutien public de votre part à ce processus serait un grand progrès en vue d'un succès à Copenhague."
Il a également lancé un appel à "tous les chefs d'Etat ou de gouvernement" pour qu'ils viennent en personne au sommet de openhague, les 17 et 18 décembre, à la fin de la conférence.
"Seuls les leaders pourront prendre les décisions majeures qui s'imposent pour conclure l'accord le 18 décembre", a dit Nicolas Sarkozy. "Leur présence sera la garantie que le monde ne se contentera pas d'un accord au rabais."
Une pierre dans le jardin du président américain Barack Obama, qui a annoncé qu'il irait à Copenhague le 9 décembre, au début de la conférence, et non à la fin, en allant chercher son prix Nobel de la Paix à Oslo.