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"Le vrai lion, c'est l'Indomptable" : les vérités de Rigobert Song avant Maroc – Cameroun
De notre envoyé spécial à Rabat, au Maroc – "Le vrai lion, c'est l'Indomptable." Fidèle à son franc-parler, Rigobert Song lance le quart de finale entre le Cameroun et le Maroc au micro de France 24. Bien qu'il ne soit plus sur le banc des Lions indomptables, Rigobert Song reste leur premier supporter et ne tarit pas d'éloges sur le travail de David Pagou, l'actuel sélectionneur.

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Avec le record de 137 sélections honorés avec le Cameroun Rigobert Song est une légende des Lions indomptables. © Issouf Sanogo, AFP
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"Personne ne nous attendait, mais nous sommes là." Rigobert Song a beau ne plus être sélectionneur du Cameroun depuis le 1er mars 2024, il continue d'utiliser le "nous" pour parler des Lions indomptables. Quoi de plus logique quand on a porté le maillot camerounais plus que quiconque — 137 sélections entre 1993 et 2010 — avant de connaître un long  passage sur le banc de son pays.

"Dans la forêt, même couché, le lion fait peur", sourit Rigobert Song, désormais ambassadeur de la Confédération africaine de football (CAF).

Au Maroc, lors de cette CAN 2025, le "vieux lion" suit assidûment le parcours des siens. Et il se délecte de ce que réalisent David Pagou et ses hommes. Arrivé sur le banc le 1er décembre, le natif de Buéa a, en un mois, bâti un groupe compétitif qui s'apprête à défier l'ultra-favori et pays hôte en quarts de finale, ce vendredi 9 janvier.

David Pagou "fait un travail énorme"

"David Pagou apporte quelque chose. Il faut toujours un leader qui donne le tempo. Il est en train de faire un travail énorme et son discours passe", explique Rigobert Song dans un entretien exclusif à France 24, tout en saluant le choix de Samuel Eto'o, président de la Fédération, de privilégier un "local" pour présider à la destinée des Lions indomptables.

Le mandat de David Pagou a d'ailleurs commencé par un choix fort : celui d'écarter plusieurs cadres, comme le gardien André Onana ou les attaquants Éric Maxim Choupo-Moting et Vincent Aboubakar.

David Pagou mise davantage sur le collectif que sur l'individualité :  "Il y a des moments où il faut avoir de la poigne et taper sur la table. C'est comme dans une maison : les enfants peuvent courir partout, mais à un moment, il faut les empêcher de toucher à tout. Il faut mettre de l'ordre et des règles", note Rigobert Song. "Mais le sélectionneur a aussi dit que la porte restait ouverte."

"Quelqu'un d'humble"

La légende du football camerounais ne tarit pas d'éloges sur David Pagou, qu'il a côtoyé lorsqu'il était lui-même aux commandes : "Il a beaucoup entraîné les équipes locales. Il est toujours à l'écoute. C'est quelqu'un de très humble. Dans le football, il faut savoir saisir les opportunités et il est en train de le faire. Ce qu'il réalise est remarquable."

Sous la houlette de Pagou, le Cameroun a déjoué toutes les attentes. Les Lions indomptables ont survécu au "groupe de la mort" en battant le Gabon et le Mozambique, tout en tenant tête à la Côte d'Ivoire. En huitièmes de finale, ils ont ensuite pris le meilleur sur l'Afrique du Sud.

Rigobert Song assure ne nourrir aucune amertume face à la réussite de son successeur. Il estime même que cette campagne porte sa marque, affirmant que les Bryan Mbeumo, Carlos Baleba et autres Christian Kofana étaient déjà sur ses radars : "Ils étaient tous dans mon fichier. Cela montre qu'on était dans le bon projet."

Le "Hemlé", l'arme secrète du Cameroun

Désormais, le Cameroun n'est plus qu'à trois matchs d'une sixième étoile, mais il devra d'abord surmonter l'obstacle marocain. Rigobert Song appelle cependant à ne pas se reposer sur ses lauriers. "C'est quand on ne se sent plus en danger qu'on est le plus en danger", avertit l'ancien capitaine. "Il est toujours extrêmement difficile de jouer le pays organisateur."

Une statistique pourrait d'ailleurs donner le sourire aux supporters camerounais : depuis 1988 et une demi-finale gagnée contre... le Maroc, le Cameroun a toujours remporté ses duels contre les pays hôtes lors des matches à élimination directe de la CAN.

Le Cameroun face au pays-hôte dans un match couperet
  • 1988 : Le précédent marocain. En demi-finale, déjà au Maroc (Casablanca), les Lions climatisent le stade d'un coup de patte de Cyrille Makanaky (1-0).
  • 1992 : Le hold-up de Dakar. En quart de finale, le Cameroun crucifie le Sénégal devant son public grâce à un but tardif d'Ernest Ebongué (1-0).
  • 2000 : Le sacre de Lagos. En finale, le Cameroun refroidit le Nigeria. Après un match nul (2-2), les coéquipiers de Rigobert Song l'emportent aux tirs au but.
  • 2002 : La démonstration de Bamako. En demi-finale, le Mali de Salif Keïta s'effondre face à la puissance camerounaise (3-0).
  • 2008 : Le réalisme de Kumasi. Le Ghana tombe en demi-finale face aux Lions (1-0) malgré une domination des Black Stars.

Le Cameroun a d'ailleurs un atout dans sa manche : le "Hemlé", que Rigobert Song a longtemps incarné. "C'est un mot bassa qui signifie l'engagement, la détermination, l'envie de ne pas subir. C'est le 'fighting spirit'. L'envie de ne pas subir et de ne pas accepter d'être ridiculisé. C'est tout cela fait homme."

Rigobert Song pronostique avec son humour habituel ce duel entre Lions indomptables et Lions de l'Atlas : "Il n'y a pas deux lions dans la forêt. Le vrai lion, c'est l'Indomptable. Les autres ne sont que des sobriquets."