
Des Slovaques rapatriés, bloqués en Jordanie en raison de la guerre au Moyen-Orient, arrivent à l'aéroport Stefanik, à Bratislava, en Slovaquie, le 3 mars 2026. © Radovan Stoklasa, Reuters
Au quatrième jour de la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, l'Union européenne a commencé à aider des États membres à évacuer certains de leurs ressortissants bloqués au Moyen-Orient, a indiqué, mardi 3 mars, la commissaire chargée des situations de crise, Hadja Lahbib.
L'Italie, la Slovaquie et l'Autriche ont déclenché le mécanisme de protection civile de l'UE, qui lui permet de financer une partie de ces opérations de rapatriement, a-t-elle précisé.
"L'Italie a été la première à activer ce mécanisme", qui prévoit une aide financière européenne aux États membres la réclamant, a-t-elle expliqué. Les autorités italiennes envisagent des vols pour rapatrier leurs ressortissants depuis l'Égypte et la Jordanie, mais continuent à "évaluer les meilleures options", a encore indiqué Hadja Lahbib.
La Slovaquie a de son côté demandé l'aide de Bruxelles pour financer deux vols entre Amman et Bratislava, prévus mercredi et jeudi.
Jusqu'à 75 % du coût du rapatriement pris en charge
La Commission n'a pas encore connaissance du nombre de personnes concernées par ces opérations.
L'Autriche a également déclenché ce mécanisme de protection civile mais pour une aide concernant pour le moment moins d'une centaine de personnes, selon Hadja Lahbib.
L'UE finance 75 % du coût de ce rapatriement, à condition que 30 % au moins des passagers soient d'une autre nationalité que celle du pays demandeur. Cette disposition existe pour encourager la solidarité entre les États membres. Si la proportion tombe à moins de 30 %, le financement est ramené à 50 % du coût.
L'UE dispose aussi dans la région de stocks d'aide humanitaire, notamment en Jordanie ou à Dubaï, qui peuvent être rapidement mobilisés si la situation devait s'aggraver.
Selon Hadja Lahbib, qui a été en contact mardi avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), il n'y a "pas de mouvement de population important" en provenance d'Iran, mais plutôt des "déplacements internes". La Commission européenne surveille néanmoins la situation de près, particulièrement au Liban, a-t-elle expliqué.
Des avions commerciaux ont recommencé à voler en faible nombre mardi dans certaines zones du Moyen-Orient, mais la situation reste très perturbée, après l'annulation de 19 000 liaisons en quatre jours.
Des vols spéciaux affrétés
Plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, ont déjà commencé ou se préparent à évacuer leurs ressortissants, en affrétant des vols spéciaux.
"Nous nous préparons à des affrètements de vols pour que les personnes les plus vulnérables, les personnes qui méritent d'être accompagnées, puissent, le cas échéant, en bénéficier", a déclaré, mardi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Selon lui, quelque 400 000 ressortissants français sont présents dans la douzaine de pays touchés par le conflit en cours.
L'Allemagne a annoncé, lundi, l'envoi "dès que possible" d'appareils en Arabie saoudite et à Oman afin de rapatrier des touristes "vulnérables". Le voyagiste TUI a indiqué, mardi, qu'il allait commencer à rapatrier depuis l'aéroport de Dubaï des touristes parmi ses 5 000 clients en croisière actuellement au Moyen-Orient. Selon l'Association allemande du voyage, environ 30 000 Allemands sont bloqués dans la région.
Avec AFP
