
Un écran de télévision diffuse en direct la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, dans un restaurant de Taipei, la capitale taïwanaise, le 14 mai 2026. © Ann Wang, Reuters
Donald Trump a mis en garde Taïwan, vendredi 15 mai, contre toute déclaration d'indépendance, cela après que le président chinois Xi Jinping lui eut adressé un message d'une rare fermeté.
Le président américain a tenu ces propos juste avant de quitter Pékin, où sa visite, bien qu'ayant permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, n'a pas débouché sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.
"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15 000 kilomètres pour faire la guerre", a dit le président américain, selon un extrait diffusé vendredi par la chaîne Fox News.
"Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise : 'Proclamons l'indépendance parce que les États-Unis nous soutiennent'", a-t-il insisté, en ajoutant qu'il n'avait pas encore pris de décision concernant une vente d'armes à l'île, dont Washington est le principal soutien militaire.
"Je veux que [Taïwan] fasse baisser la température. Je veux que la Chine fasse baisser la température", a-t-il aussi déclaré.
"Donald Trump a eu les images qu'il voulait"
Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, son homologue Xi Jinping l'avait mis en garde : "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays [Chine et États-Unis] pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit."
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire continental depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique, tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.
Ces échanges sur Taïwan sont peut-être l'aspect le plus saillant du sommet à Pékin.
"Donald Trump a eu les images qu'il voulait et les Chinois ont été contents de les lui donner. Il s'agissait selon moi plutôt de conforter la dynamique entre les deux pays que d'obtenir des résultats spécifiques", note Jacob Stokes, expert au Center for a New American Security.
La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.
Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.
Pékin et Washington se sont mis d'accord pour continuer à appliquer "tous" leurs accords commerciaux existants et pour établir des conseils pour le commerce et l'investissement, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie chinoise dans un communiqué, après la rencontre entre les deux chefs d'État.
Le président américain, emphatique comme toujours, a quant à lui parlé d'accords commerciaux "fantastiques", évoquant une commande de 200 avions Boeing, pouvant être augmentée par la suite, mais qui n'a pas donné lieu à un communiqué de l'avionneur dans l'immédiat.
Avec AFP
