
Walid Regragui, un sélectionneur marocain sur un siège éjectable ? © Pierre René-Worms, France Médias Monde
S'il n'est pas sur le terrain, il est au centre de tous les débats. Le sélectionneur Walid Regragui cristallise les critiques alors que les Lions de l'Atlas s'apprêtent à défier le Cameroun en quarts de finale de la CAN 2025.
Pêle-mêle, on lui reproche un style de jeu trop prudent, une animation offensive déficiente, un manque de fond de jeu collectif ou encore une ossature qui reposerait trop sur les cadres de 2022. Des critiques illustrées par la courte victoire en huitièmes de finale face à la Tanzanie. De son côté, Walid Regragui répond qu'il préfère gagner et continuer d'avancer, peu importe la manière.
"Les Marocains, nous sommes des passionnés. Il y a 40 millions de sélectionneurs", s'amuse Youcef. Venu d'Avignon pour suivre le parcours des Lions, ce supporter franco-marocain est accompagné de son ami Samir. Tous deux estiment que si l'exigence est forte en raison du statut d'ultrafavori et de pays hôte, il faut maintenir la confiance à Walid Regragui.
"Il sait comment jouer en Afrique. Il y a eu cette expérience en Côte d'Ivoire où son équipe se fait éliminer dès les huitièmes. Là, il gagne des matches. Il y a aussi des critiques infondées", juge Samir.
"S'il ne gagne pas, il devra partir"
"En vrai, il nous énerve un peu. Il est têtu, mais il est bon", affirme Abdelghani, supporter croisé dans le souk. "Moi, je suis fan du Wydad. Je l'aime depuis qu'il a gagné la Ligue des champions africaine avec le club. Il va faire quelque chose et gagner la CAN."
Pourtant, derrière l'affection, le couperet n'est jamais loin. Les supporters interrogés sont unanimes : en cas d'échec à domicile, le cycle Regragui devra prendre fin. "Lui-même le sait. S'il ne gagne pas la CAN à domicile, il va être remercié", tranche Youcef. "D'autant qu'avec les résultats des autres entraîneurs marocains en 2025, il y a du monde qui toque à la porte", ajoute Samir.
Les supporters ont en effet observé avec gourmandise les succès des catégories inférieures : les Lionceaux de l'Atlas de Mohamed Ouahbi (sacrés champions du monde U20) et le Maroc A' de Tarik Sektioui, vainqueur de la Coupe arabe juste avant le coup d'envoi de la CAN.
Un vivier trop abondant
"On aurait aimé que certains joueurs de la Coupe arabe soient là. Je pense notamment à Soufiane Bouftini", explique Khalifa, un lycéen de 17 ans. Pour son ami Bachar, le sélectionneur est toutefois en train de rectifier le tir : "C'est bien qu'il ait fait entrer Neil El Aynaoui à la place d'Amrabat. Il fait la différence offensivement et défensivement."
Pour Samir, c'est justement l'abondance de talents qui fragilise la position du coach : "Il a un vivier impressionnant à sa disposition. Dès qu'un titulaire fait un mauvais match, on a tout de suite envie de le remplacer, mais ce n'est pas forcément la solution."
Avant le choc face au Cameroun, l'heure est pourtant à l'union sacrée : "On critique beaucoup l'entraîneur, mais c'est le moment de se réunir tous ensemble et de se battre pour se qualifier, inchallah."
