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Dubaï, du rêve de grandeur au fiasco

Après une décennie de croissance florissante, Dubaï inquiète la planète financière. Après sa demande d'un moratoire sur la dette du fleuron de son économie, Dubaï World, les marchés, qui craignent un défaut de paiement, s'affolent.

Dubaï est-il au bord de la banqueroute ? L’effondrement annoncé de l’économie de cet eldorado sorti du sable peut-il provoquer un nouveau séisme financier ? Après la demande par l'émirat d'un moratoire sur les dettes de sa principale holding, Dubaï World, les marchés s'affolent et les grandes places boursières internationales chutent.  Dubaï a en effet demandé le rééchelonnement de sa dette de 80 milliards de dollars, dont 59 milliards représentent la dette du conglomérat et groupe phare de l'émirat, Dubaï World.

Du gigantisme au désastre financier

Seule principauté du Golfe à ne pas bénéficier d’une rente pétrolière, Dubaï a parié, en s’endettant sans demi-mesure, sur le secteur tertiaire, l’immobilier et le tourisme de luxe pour se développer. Soit trois secteurs dépendants des humeurs de la conjoncture mondiale.

Depuis le milieu des années 1990, rien ne résiste à l’extravagante première place financière et première plate-forme d'échanges du Moyen-Orient, jusqu’à l’irruption de la crise en septembre 2008, qui met en évidence la fragilité d’une économie aux pieds d’argile désormais au bord du gouffre. "A la suite de la crise financière, l’immobilier et le tertiaire sur lesquels Dubaï avaient tout misé s’est effondré" analyse sur France 3 Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes. Lesté d’une dette comprise entre 80 et 90 milliards de dollars (70 % de son produit intérieur brut),  l'émirat de Dubaï a dû revoir à la baisse certains des projets pharaoniques qui avaient entretenu sa renommée internationale.

Abou Dhabi à la rescousse ?

Sensiblement affaiblie par la crise financière internationale, la ville-émirat, comme dans la fameuse fable de "La cigale et la fourmi", n’avait sauvé les apparences que grâce aux pétrodollars de son riche voisin, Abou Dhabi, qui produit plus de 90 % du pétrole des Émirats. Aux 10 milliards de dollars levés en urgence en février, il faut ajouter un prêt de 5 milliards de dollars en bons du Trésor américain consenti en faveur de Dubaï, mercredi, par deux banques d'Abou Dhabi.

Une solidarité intéressée, car la capitale des Émirats, qui devrait à nouveau voler au secours de son voisin, lorgne sur plusieurs fleurons de Dubaï,  dont sa compagnie aérienne Emirates ou encore son gestionnaire de ports DP World. "Au pire, on pourrait avoir éventuellement des pertes entre 5 et 10 milliards de dollars. Ce n’est pas une crise du type Lehman Brothers, il faut rester serein de ce point de vue là", estime, sur France 3, l’économiste Marc Touati.