
La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 24 février au Sénégal a débuté dimanche pour trois semaines, pendant lesquelles le président sortant Macky Sall et ses quatre adversaires vont sillonner le pays.
La campagne pour l'élection présidentielle au Sénégal a débuté dimanche 3 février. Les cinq candidats ont trois semaines pour convaincre et espérer remporter la magistrature suprême lors du scrutin du 24 février. Le président sortant, Macky Sall, vise une réélection dès le premier tour. Ses deux principaux rivaux, Karim Wade, ex-ministre et fils de l'ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012), et Khalifa Sall, dissident du Parti socialiste et maire déchu de Dakar, ont été écartés de la course en raison de condamnations judiciaires.
Une réélection dès le premier tour serait une prouesse et n'a été réalisée qu'une fois auparavant, en 2007, par son prédécesseur Abdoulaye Wade. Le Sénégal, qui a connu deux alternances, en 2000 et en 2012, et aucun coup d'Etat, fait figure de modèle de démocratie dans la région.
Mais des organisations internationales et régionales, ainsi que des ONG de défense des droits de l'Homme, ont dénoncé le caractère "inéquitable" de certains procès, notamment ceux de Karim Wade et Khalifa Sall, ou des restrictions aux libertés publiques.
Dans les rues, quelques affiches du président sortant étaient visibles à différents endroits de la capitale pour le premier jour de campagne, sans grande effervescence, mais entouré d'une importante présence policière.
Les quatres rivaux du président sortant
Face à Macky Sall, 57 ans, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, 59 ans, se présente pour la troisième fois. Orateur brillant, il a suivi l'ascension de son mentor, Abdoulaye Wade, fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS, libéral), avant de connaître la disgrâce en 2004 lors du premier mandat de celui-ci.
Originaire de Thiès (ouest), son fief électoral, d'où il lance sa campagne dimanche, Idrissa Seck a enregistré le ralliement de plusieurs candidats recalés faute du nombre de parrainages suffisants, dont l'ancien Premier ministre Hadjibou Soumaré, un ancien président de l'Assemblée nationale et du Sénat, Pape Diop, et trois anciens ministres.
Issu lui aussi de la famille libérale, le doyen des candidats, l'avocat Madické Niang, 65 ans, proche de toujours de la famille Wade, s'est attiré les foudres d'Abdoulaye Wade, dont il a été plusieurs fois ministre, pour s'être présenté en alternative à Karim Wade, afin d'éviter selon lui, au PDS d'être absent de l'élection présidentielle.
Ousmane Sonko, figure montante de l'opposition
Les deux autres candidats, Ousmane Sonko, 44 ans, figure montante de l'opposition, et Issa Sall, 63 ans, chef du Parti de l'Unité et du Rassemblement (PUR), tous deux élus députés en 2017, commencent pour leur part leur campagne à Dakar.
Le discours patriotique d'Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts radié en 2016 de la fonction publique pour manquement à son devoir de réserve, après avoir notamment dénoncé l'opacité selon lui de l'attribution de contrats d'exploitation d'hydrocarbures, séduisent une partie de la population. Mais d'autres secteurs de l'opinion restent sceptiques face à certaines de ses déclarations fracassantes et à son manque d'expérience politique.
Une possible consigne de vote dans les jours à venir de Khalifa Sall ou d'Abdoulaye Wade, qui vit en France, pourrait peser lourd dans le rapport de forces entre les quatre rivaux du président sortant.
Avec AFP