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Paris prêt à placer les Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes
La ​France soutient l'inscription du corps iranien des Gardiens de ⁠la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes, a fait savoir mercredi l'Élysée, alors que les bilans de la répression en Iran face à la vague de manifestations continuent à s'alourdir.
Des membres des Gardiens de la révolution lors du défilé militaire annuel marquant l'anniversaire du début de la guerre Iran-Irak, devant le mausolée de l'ayatollah Khomeini à l'extérieur de Téhéran, en Iran, le 21 septembre 2024. © Vahid Salemi, AP

La France est prête à sanctionner le bras armé idéologique de la République islamique d'Iran. Paris "soutient l'inscription du Corps des Gardiens de la révolution [...] sur la liste européenne des organisations terroristes", a annoncé mercredi 28 janvier l'Élysée, alors que cette milice est accusée par les organisations de droits humains d'avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays.

L'Italie va également proposer jeudi aux autres pays de l'Union européenne d'ajouter les Gardiens de la révolution sur cette liste. Le soutien français pourrait peser lors de la décision.

De son côté, l'Iran a mis en garde contre des "conséquences destructrices" si l'Union européenne décidait de cette inscription.

"L'insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse", a affirmé sur X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Paris prêt à placer les Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes
Capture d'écran de la publication de Jean-Noël Barrot sur X le 28 janvier 2026. © X

"Avec nos partenaires européens, nous prendrons demain à Bruxelles des sanctions contre les responsables de ces exactions. L'accès au territoire européen leur sera interdit, leurs actifs seront gelés", a-t-il assuré, demandant également à Téhéran de "libérer les prisonniers, mettre fin aux exécutions, lever le blocus numérique et permettre à la Mission d'établissement des faits du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies d'enquêter sur les crimes commis en Iran".

"Aucun tabou"

De nouveaux bilans émergent sur la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien. D'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (Hrana), basée aux États-Unis, 6 221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.

L'organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires et estime qu'au moins 42 324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit.

La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, avait déclaré plus tôt mercredi que la France n'avait "aucun tabou" concernant le statut des Gardiens de la révolution. Elle a évoqué une "répression d'une violence sans équivalent dans l'histoire contemporaine de l'Iran" à l'encontre des manifestations contre le pouvoir en janvier.

Donald Trump a averti mercredi que "le temps était compté" avant une attaque contre l'Iran. De son côté, Téhéran a menacé de répondre "comme jamais" en cas d'opération américaine.

Avec AFP