
Capture d'écran d'une vidéo du 9 janvier 2026 réalisée à partir d'images partagées en ligne le 8 janvier et montrant des manifestants à Téhéran. © AFP
28 décembre 2025
À Téhéran, des commerçants manifestent pour dénoncer les conditions économiques
Des commerçants de Téhéran ferment boutique et organisent une journée de manifestations après que la monnaie du pays a atteint son plus bas taux historique face au dollar américain. Les forces de l'ordre tirent du gaz lacrymogène pour tenter de disperser la foule.
Il s’agit des plus importantes manifestations depuis le mouvement de protestation de 2022 qui avait suivi la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée pour un voile mal ajusté. Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement prévoit une inflation encore plus forte pour l'année à venir, alors que la hausse des salaires sera limitée à seulement 20 %. Après cette journée de manifestation, le président de la Banque centrale remet sa démission.
30 décembre
Le mouvement social prend de l'ampleur et gagne les universités
Après deux jours de mobilisation des commerçants iraniens, les étudiants de Téhéran et d'Ispahan rejoignent le mouvement contre la dégradation de la situation économique. De son côté, le président Massoud Pezeshkian appelle au dialogue, jugeant "légitimes" les revendications des manifestants face à l’hyperinflation.
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Accepter Gérer mes choix31 décembre
La justice met en garde les manifestants
Alors que les écoles et les universités ferment, la justice met en garde les manifestants, annonçant qu'elle fera preuve de "fermeté" si les protestations contre la vie chère sont instrumentalisées à des fins de "déstabilisation".
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Accepter Gérer mes choix2 janvier 2026
"Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir", menace Trump
Le président américain, Donald Trump, prévient que les États-Unis pourraient intervenir en Iran si le pouvoir tuait des manifestants. "Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir", affirme-t-il. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, réagit en rejetant comme "imprudente et dangereuse" la menace.
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6 janvier
Le fils du dernier monarque iranien, Reza Pahlavi, appelle les Iraniens à manifester
Des échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre éclatent dans le bazar de Téhéran, poumon économique du pays. Malgré la répression qui a déjà fait 27 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), la mobilisation ne faiblit pas. Le fils du dernier monarque iranien, Reza Pahlavi, appelle les Iraniens à manifester à 20 h les jeudi 8 et vendredi 9 janvier.
L'opposition kurde basée en Irak appelle pour sa part à une grève générale en Iran, en soutien aux manifestations contre la vie chère en cours.
Au dixième jour de contestation, les Iraniens sont coupés du monde après une "coupure nationale" d'Internet.
À (re)lire En Iran, la jeunesse en première ligne des manifestations paie le prix fort de la répression
8 janvier
"C'étaient des balles de guerre", des médecins iraniens témoignent
France 24 a pu s'entretenir avec plusieurs médecins iraniens ayant quitté l'Iran. Ceux-ci étaient mobilisés les soirs des jeudi 8 et vendredi 9 janvier, lors du pic des protestations contre le régime de Téhéran et de la répression brutale qui s'est abattue sur les manifestants iraniens.
Leurs récits concordent. Ils décrivent des scènes de chaos d'une ampleur inédite, qualifiées d'"apocalyptiques", et des "blessures de guerre". Les établissements médicaux sont rapidement débordés, voyant affluer des dizaines et des dizaines de blessés dans chaque service. Les soignants racontent avoir prodigué des soins dans l'urgence absolue, en fonction de la gravité des blessures.
L'accès à Internet et au réseau téléphonique en Iran est coupé par les autorités le 8 janvier avant d'être partiellement rétabli avec de sévères restrictions.
9 janvier
La République islamique "ne reculera pas", prévient l'ayatollah Khamenei
Dans un discours diffusé à la télévision d’État, l'ayatollah Ali Khamenei réaffirme la fermeté du régime iranien face aux manifestations. Le guide suprême dénonce des "saboteurs" et des "vandales" téléguidés par les États-Unis, alors que le fils du chah d'Iran, Reza Pahlavi, appelle le président américain à intervenir en Iran.
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Accepter Gérer mes choix10 janvier
La révolte iranienne s'étend aux grandes villes
Alors que de nouvelles manifestations contre le pouvoir se tiennent à Téhéran ainsi que dans les grandes villes du pays, les inquiétudes grandissent face à une répression brutale dans un pays coupé du monde par un blocage d'Internet.
Plusieurs internautes aux positions proches du pouvoir iranien contestent l’importance ou même la réalité des manifestations antigouvernementales en Iran. Selon eux, des vidéos des manifestations auraient été générées par intelligence artificielle ou révéleraient en réalité une faible participation. Contrairement à ce qu’ils affirment, des manifestations de grande ampleur ont bien lieu dans de nombreuses villes du pays.
11 janvier
Le Parlement iranien menace l'armée américaine et Israël en cas d'intervention
L'Iran visera l'armée américaine et Israël en cas d'intervention des États-Unis, prévient le président du Parlement iranien, alors que Washington menace plusieurs fois Téhéran sur fond de manifestations massives. "L'Iran veut la liberté" et "les États-Unis sont prêts à l'aider", écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
12 janvier
Donald Trump annonce que tout pays commerçant avec l'Iran sera frappé de droits de douane de 25 %
Donald Trump annonce sur son réseau Truth Social que tout pays commerçant avec l'Iran sera frappé de droits de douane de 25 % par les États-Unis. "Cette décision est définitive" et "prend effet immédiatement", affirme le président américain. Face aux menaces de sanctions de Trump, la Chine "sauvegardera" ses intérêts, prévient le ministère chinois des Affaires étrangères.
Le lendemain, Donald Trump encourage les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement et à renverser leurs institutions, promettant que "l'aide est en route", alors que le nombre de morts lors des manifestations s'élève à au moins 2 000, selon des activistes, et que les hôpitaux et les morgues débordent.
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14 janvier
Téhéran dément que le manifestant Erfan Soltani ait été condamné à mort et puisse être exécuté
Les Gardiens de la révolution sont "prêts à réagir de manière décisive à l'erreur de calcul de l'ennemi", déclare leur commandant, accusant Donald Trump et Benjamin Netanyahu d'être les "assassins de la jeunesse iranienne". Les États-Unis retirent certaines troupes de leurs bases clés au Moyen-Orient, selon un responsable américain.
La Chine se dit opposée à toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures de l'Iran. La France étudie la possibilité de transférer des terminaux satellite Eutelsat pour soutenir les Iraniens. "Nous soupçonnons la répression la plus violente dans l'histoire contemporaine de l'Iran", affirme Jean-Noël Barrot.
Après l'arrestation du manifestant Erfan Soltani le 10 janvier, Téhéran dément qu'il ait été condamné à mort et puisse être exécuté.
Sa peine de mort a été suspendue, mais il est toujours détenu près de Téhéran. "Erfan doit être libéré, il n’est qu’un manifestant", plaide une de ses proches interviewée par France 24.
Après avoir coupé Internet, le gouvernement de Téhéran cherche à brouiller le réseau Starlink, dont l’accès a été rendu gratuit par l’entreprise. Les internautes iraniens tentent de contourner cette nouvelle censure.
17 janvier
En France, plusieurs milliers de personnes défilent en soutien aux manifestants iraniens
En Iran, le guide suprême Ali Khamenei appelle à "briser le dos des séditieux", après la répression qui a fait des milliers de morts. "Nous tenons le président américain responsable des victimes, des dégâts et des accusations contre la nation iranienne", déclare-t-il.
En France, plusieurs milliers de personnes défilent en soutien à la contestation en Iran. Des manifestations sont organisées à Paris, Lyon, Nantes et Rennes à l’appel d’associations, de syndicats et de partis de gauche pour montrer leur solidarité avec le peuple iranien.
19 janvier
Le guide suprême reconnaît "plusieurs milliers" de morts
Ali Khamenei reconnaît pour la première fois "plusieurs milliers" de morts. Le guide suprême a attribué la responsabilité de ces morts au président américain, Donald Trump, affirmant qu’il a "ouvertement encouragé les fauteurs de troubles". Alors que les autorités iraniennes font état d'un bilan d'au moins 5 000 morts, l'ambassadeur d'Iran en France affirme sur France 24 : "Nous ne tirons pas sur nos enfants."
22 janvier
Trump annonce qu'une "armada" est en route pour le golfe Arabo-Persique
Donald Trump affirme qu'une "armada" navale américaine est en route pour le golfe Arabo-Persique, maintenant la pression sur Téhéran, alors que la perspective d'une intervention militaire semblait s'être éloignée. Le départ pour le Golfe du porte-avions américain Abraham-Lincoln accentue les risques d’escalade du conflit dans la région.
23 janvier
Un accès limité pendant quelques heures à Internet en Iran permet la diffusion de dizaines de vidéos révélant l’ampleur de la répression.
La rapporteuse spéciale des Nations unies pour l'Iran, Mai Sato, déclare le même jour que son bureau estime à plus de 20 000 le nombre de manifestants tués par le régime iranien.
27 janvier
Plus de 6 000 morts lors des manifestations, selon une ONG
Le nombre de morts vérifiés lors des manifestations en Iran a dépassé les 6 000, indique l'ONG Hrana basée aux États-Unis. Parmi les victimes figurent 5 777 manifestants, 86 mineurs, 214 membres des forces de sécurité et 49 passants. Par ailleurs, la monnaie iranienne atteint un niveau historiquement bas.
