logo

Les Brésiliens aux urnes pour une présidentielle marquée par l'émergence de l'extrême droite

Un Brésil fracturé vote ce dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle. Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire, est en tête des intentions de vote. Un scrutin à suivre sur France 24.

Les bureaux de vote ont ouvert au Brésil ce dimanche 7 octobre pour le premier tour d'une présidentielle très polarisée dont le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro est le grand favori.

Les 147 millions d'électeurs sont aussi appelés à renouveler les gouverneurs et assemblées des 27 États, les 513 députés et les deux tiers des 81 sénateurs lors de ces élections dont les résultats devraient être annoncés vers 21h00 (00h00 GMT lundi).

Décrit par certains comme le "Donald Trump tropical", Jair Bolsonaro a accru ces dernières semaines son avance dans les intentions de vote sur son principal rival, Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs (PT, gauche) en remplacement de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, inéligible.

Les Brésiliens aux urnes pour une présidentielle marquée par l'émergence de l'extrême droite

Ancien officier âgé de 63 ans, Bolsonaro a convaincu de nombreux Brésiliens de voter pour lui en raison de positions très dures contre l'insécurité et une carrière exempte d'accusations de corruption, alors que le PT est impliqué dans l'un des plus vastes scandales de corruption mis au jour.

Mais il fait aussi office de repoussoir pour une grande partie de l'électorat en raison de propos jugés homophobes ou misogynes. Des Brésiliens s'inquiètent aussi de l'impact sur la démocratie qu'aurait l'élection de Bolsonaro, qui n'a cessé par le passé de confier sa nostalgie pour l'époque où le Brésil était sous l'emprise d'une dictature militaire (1964-1985). Nombreux sont ceux qui ne croient pas à la promesse de campagne faite par Bolsonaro de respecter les idéaux démocratiques.

Fernando Haddad, lui, est le réceptacle de la haine farouche qu'inspire Lula à des millions de Brésiliens. Le PT a gagné les quatre dernières présidentielles, mais est jugé par beaucoup responsable des plaies actuelles du Brésil. Durant la campagne, Haddad n'a pas fait l'inventaire de ces années-là.

Selon un sondage Ibope diffusé samedi soir par la chaîne Globo, Jair Bolsonaro est crédité de 36 % des intentions de vote pour le premier tour, soit un gain de quatre points par rapport au précédent sondage de l'institut, et Fernando Haddad de 22 %, soit une perte d'un point.

Bolsonaro obtiendrait 36 % des intentions de vote selon un autre sondage, réalisé par l'institut Datafolha, soit un gain d'un point par rapport à la précédente enquête d'opinion publiée en fin de semaine. Fernando Haddad reste crédité de 22 % des voix.

D'après Datafolha, les deux candidats se trouveraient au coude-à-coude en cas de second tour, prévu le 28 octobre si aucun des candidats n'obtient la majorité au premier tour du scrutin.

Les sondages à la sortie des urnes devraient être connus à 22h00 GMT, et les premiers résultats annoncés peu après grâce au système de vote électronique.

Près des deux tiers des électeurs vivent dans le sud du pays, où se trouvent les deux plus grandes villes brésiliennes, Sao Paulo et Rio de Janeiro, qui penchent en faveur de Jair Bolsonaro. Un quart des électeurs résident dans des zones moins développées dans le nord-est du pays, bastion historique du PT.

Économie en berne

Celui qui succèdera pour quatre ans au conservateur Michel Temer - qui quitte le pouvoir avec un taux historiquement bas de popularité - aura pour tâche d'extraire ce pays-continent du marasme et de redonner de l'espoir à un peuple exaspéré.

Économie en berne avec 13 millions de chômeurs, discrédit des élites politiques, corruption endémique et violence record rongent le Brésil... Le premier tour devrait confirmer que la polarisation aura été fatale aux autres candidats de poids. 

Ciro Gomes (PDT, centre gauche) n'a que 13 à 15% des intentions de vote. Pourtant, les derniers sondages ont confirmé qu'il était le mieux à même de battre Bolsonaro au deuxième tour. Quant à l'écologiste Marina Silva (Rede), qui avait réuni plus de 20 millions de voix aux deux dernières présidentielles, elle s'est effondrée.

Si la présidentielle peut faire basculer le Brésil dans une ère inconnue, les élections des gouverneurs et des assemblées également prévues dimanche ne devraient en revanche pas transformer radicalement le paysage politique.

Avec AFP