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Les réfugiés sud-soudanais pris en étau entre la guerre civile et les autorités congolaises

Les arrestations de réfugiés sud-soudanais par l'armée congolaise et le renforcement des contrôles à la frontière semblent témoigner de la volonté de la RDC d'empêcher les rebelles de trouver refuge sur son sol.

Des centaines de civils sud-soudanais ont fui vers la République démocratique du Congo (RD Congo) depuis la prise de contrôle par les forces gouvernementales du fief rebelle de Lasu, dans le sud du pays en guerre. Les autorités congolaises en ont arrêté dix-huit, soupçonnés d'être membres de la rébellion sud-soudanaise (SPLA-IO), qui combat le gouvernement depuis quatre ans. La guerre civile a fait des dizaines de milliers de morts et dévasté le pays.

Quinze de ces personnes ont ensuite été libérées. "C'étaient des réfugiés qui ont été arrêtés parce qu'ils étaient retournés au Soudan du Sud sans autorisation. Trois restent en détention parce qu'ils sont soupçonnés d'être des rebelles", a expliqué à l'AFP Alexis Kabambi, qui dirige la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) à Aba, dans le nord-est de la RD Congo.

C'est la première fois que les autorités congolaises arrêtent tant de Sud-Soudanais, ce qui pourrait signaler un changement d'attitude de Kinshasa à l'égard du conflit au Soudan du Sud.

"Seules les femmes et les enfants pouvaient partir"

Quand les combats ont éclaté à Lasu, un frère et une sœur, Grace Gaba et Joseph Moro, se sont précipités vers leur village pour aider un parent plus âgé à traverser la frontière et ramener le bétail de la famille. Mais quand ils ont voulu rentrer en RD Congo, Joseph a été arrêté. "Je ne sais pas pourquoi mon frère a été arrêté. La seule chose qu'ils ont dit c'est que seules les femmes et les enfants pouvaient partir", raconte Gaba, qui insiste sur le fait que son frère n'est pas un soldat.

À l'occasion d'un rassemblement de réfugiés, les responsables de la sécurité congolaise ont appelé les combattants à se rendre. Mais un rebelle, qui a demandé le statut de réfugié avec sa famille, explique à France 24 être méfiant : "J'ai peur des autorités congolaises parce que je ne comprends pas de quel côté elles sont. S’ils [les soldats] m'arrêtent, ils pourraient me torturer et me remettre au gouvernement sud-soudanais."

Le gouvernement sud-soudanais et la SPLA-IO ont conclu un accord de cessez-le-feu, entré en vigueur dimanche 24 décembre. Mais peu de temps après, les deux camps se sont mutuellement accusés de l'avoir violé.

Avec AFP