
Vincent Debraize, maire de Champignolles, dans l'Eure, a été confronté samedi à Nathalie Kosciusko-Morizet. Il reconnaît l'avoir insultée mais nie toute violence. Il est soupçonné d'avoir agressé la candidate LR aux législatives le 15 juin.
Quelques jours après son agression sur un marché parisien, Nathalie Kosciusko-Morizet a été confrontée, samedi 17 juin, à Vincent Debraize, l’homme soupçonné d’être l’auteur des faits. Face aux policiers, ce maire de la commune de Champignolles, dans l’Eure, a "reconnu avoir insulté" NKM mais a nié toute violence. Sa garde à vue a été prolongée samedi soir "pour permettre la poursuite" de l'enquête, a indiqué une source proche du dossier.
Selon le journal hebdomadaire Le Réveil normand, Vincent Debraize estime que "la presse a monté l’affaire en épingle". Pour lui, il ne s’agirait "pas d’une agression mais d’une altercation", détaille le journal.
Nathalie Kosciusko-Morizet, 44 ans, en ballottage défavorable face au candidat de La République en marche Gilles Le Gendre, distribuait des tracts jeudi sur le marché de la place Maubert, dans le Ve arrondissement, lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années les lui a pris pour les lui envoyer au visage, la traitant de "bobo de merde", selon une journaliste de l'AFP. La candidate a ensuite perdu connaissance plusieurs minutes et a été conduite à l’hôpital Cochin pour y subir des examens.
Parrainage de la candidature d'Henri Guaino
Après cette agression, l'élu avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche. Photographié, son visage avait été diffusé dans les médias et le parquet de Paris avait ouvert une enquête immédiatement pour "violences volontaires". "Il a été identifié après des témoignages et grâce à l'exploitation de la vidéo-surveillance", a expliqué une source policière.
Vincent Debraize fait partie des 33 maires à avoir parrainé la candidature à la présidentielle d'Henri Guaino, qui se présentait aux législatives face à NKM dans cette 2e circonscription de la capitale.
"Je ne connais pas ce monsieur. Je l'ai rencontré une fois avec mes équipes durant la campagne des législatives", a déclaré l'ex-"plume" de Nicolas Sarkozy au Parisien. Il ajoute qu'il "condamne la violence en politique, même si, en l'état, on ne sait pas encore ce qui s'est passé". "J'ai bien le droit de dire que je n'aime pas les bobos ! Ceux qui veulent me faire porter le chapeau dans cette affaire iront devant les tribunaux", s’est-il enfin défendu auprès du Parisien.
Éliminé dès le premier tour face à Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) et Gilles Le Gendre (LREM), Henri Guaino s'était insurgé contre des électeurs "bobos", "à vomir" et avait annoncé qu’il quittait la vie politique.
Avec AFP