
La Corée du Nord a procédé dimanche à un nouveau tir de missile balistique, a rapporté l'armée sud-coréenne. Il s'agit du premier tir effectué depuis la prestation de serment de Moon Jae-In au poste de président sud-coréen.
Pyongyang met une nouvelle fois ses voisins à l’épreuve. La Corée du Nord a procédé dimanche 14 mai à un nouveau tir de missile balistique, ont annoncé les autorités sud-coréennes et américaines, quatre jours après l'élection du président sud-coréen Moon Jae-in, pourtant ouvert au dialogue avec le Nord.
Le missile, tiré vers 5 h 27 locales depuis Kusong, au nord-ouest de Pyongyang, a effectué un vol de 700 km et atteint une altitude de plus de 2 000 km avant d'atterrir en mer du Japon à 400 km des côtes nord-coréennes, selon des responsables sud-coréen et japonais.
Le missile a ainsi surpassé la distance et l'altitude du tir de missile de moyenne portée mené depuis la même base en février dernier. Le commandement régional américain a estimé que le vol ne "correspondait pas à un missile balistique intercontinental". Le missile pourrait représenter un nouveau type d'arme du régime nord-coréen, a déclaré le ministre japonais de la Défense Tomomi Inada.
Des progrès dans le programme d’armement
La Corée du Nord est soupçonnée de chercher à développer des missiles de longue portée à ogive nucléaire capables d'atteindre les États-Unis. Dimanche, des experts estimaient que ce nouvel essai, d'une portée supérieure à celle des tirs passés, signalait des progrès dans le programme d'armement nord-coréen.
David Wright, membre de l'Union of concerned scientists (UCS) et spécialiste balistique, estime que si le missile avait été tiré à un angle normal (et non selon la trajectoire haute constatée), il aurait pu parcourir 4 500 km au plus.
Il y a deux semaines, un précédent essai de missile avait échoué, le projectile ayant explosé en vol après quelques minutes. C'était le quatrième échec consécutif essuyé par l'armée nord-coréenne depuis mars.
Une politique d’apaisement de Seoul
Le président américain Donald Trump "ne peut imaginer que la Russie soit satisfaite" du nouvel essai de missile nord-coréen, le missile ayant atterri plus près de la Russie que du Japon, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué.
Le président sud-coréen élu mardi, Moon Jae-in, a convoqué une réunion d'urgence du conseil national de sécurité et "condamné fermement" ce premier tir de missile nord-coréen depuis son investiture, qualifié de "violation claire" des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le nouveau chef de l'État, dont les parents sont nés au nord de l'actuelle zone démilitarisée (DMZ) mais ont fui vers le sud pendant la guerre, prône une politique d'apaisement avec la Corée du Nord.
Le régime de Pyongyang a multiplié ces derniers mois les tirs de missiles balistiques susceptibles de transporter une charge nucléaire, considérés comme des provocations par la communauté internationale.
Avec Reuters