
Les Birmans sont appelés aux urnes samedi pour renouveler 19 sièges au Parlement national et dans des assemblées régionales. Un an après l'arrivée au pouvoir du parti d'Aung San Suu Kyi, ces scrutins sont une première occasion d'estimer son action.
Un an après avoir accédé au pouvoir, l'icône birmane Aung San Suu Kyi et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), vont affronter ce samedi 1er avril un premier test, avec des élections partielles.
Ces scrutins doivent pourvoir à 19 sièges vacants au Parlement national de la Birmanie et dans des assemblées régionales. L'issue de ces élections partielles ne modifiera pas l'équilibre des pouvoirs, mais permettra de jauger de la popularité du pouvoir, alors que l'euphorie qui a entouré en 2015 la large victoire électorale de l'ancienne dissidente et prix Nobel de la paix s'est dissipée, et que son gouvernement s'efforce de réaliser les réformes promises.
La participation s'annonce assez faible, comparée aux élections de novembre 2015, qui avaient porté la LND au pouvoir, rapporte Clovis Casali, correspondant de France 24 en Thaïlande. "Si, comme les experts le prédisent, on assiste à un réveil des partis ethniques, cela voudra dire que c'est la fin de l'union sacrée autour d'Aung San Suu Kyi", explique-t-il, évoquant un possible vote sanction en cas de défaite des candidats de la LND.
"Un an, ce n'est pas long"
Dans une allocution télévisée, Aung San Suu Kyi a pris acte jeudi du sentiment de frustration de l'opinion face à la lenteur des réformes et du développement. "Nous avons fait ce que nous pouvions pour le bien de notre pays et de notre peuple en un an. Nous savons que nous n'avons pas été capables de progresser autant que le peuple le souhaitait (...) Un an, ce n'est pas long", a-t-elle déclaré. Les
Elle a aussi réaffirmé que sa principale priorité était de mettre un terme aux conflits ethniques qui maintiennent la Birmanie dans un état de guerre civile quasi perpétuelle depuis l'indépendance, en 1948. Le mécontentement envers le gouvernement est particulièrement fort dans les régions du pays habitées par des minorités ethniques, où beaucoup considèrent qu'Aung San Suu Kyi collabore trop étroitement avec les militaires qui ont dirigé le pays pendant cinquante ans et contrôlent encore des leviers importants du gouvernement.
Les Rohingyas, notamment, réprimés dans le nord-ouest du pays, sont déçus par le silence de la Dame de Rangoun, alors même que l'ONU dénonce des crimes contre l'humanité.