
Le 1er juillet 1997, après plus d'un siècle de domination britannique, Hong Kong est rétrocédée à la Chine et devient une Région administrative spéciale de la République populaire. Si la ville est bien chinoise, elle conserve des prérogatives, notamment son système économique et législatif, grâce au principe "un pays, deux systèmes". Vingt ans après, Hong Kong est devenue une ville-monde secouée par des crises politiques, tandis que les Hongkongais sont à la recherche de leur identité.
Manifestations spontanées, mouvements de désobéissance civile, combat politique… Vingt ans après sa rétrocession à la Chine, le 1er juillet 1997, Hong Kong est devenue le bastion de la révolte anti-Pékin. L’ancienne colonie britannique, connue pour ses gratte-ciels et ses cols blancs, est le théâtre d’insurrections menées par des jeunes Hongkongais contre le pouvoir chinois.
Si certains ont 20 ans à peine - l’âge de la rétrocession - tous, des rues jusque aux bancs du Parlement, veulent faire souffler sur Hong Kong le vent de la démocratie. Certains leaders de la "révolution des parapluies", comme Nathan Law, Baggio Leung-Chung-hang ou Andy Chan sont désormais des élus qui font trembler Pékin. En septembre dernier en effet, ces jeunes qui avaient entraîné derrière eux des milliers de manifestants à l’automne 2014 pour réclamer des élections libres et plus d’autonomie vis-à-vis de la Chine, ont réalisé une percée électorale sans précédent.
Vieille garde et businessmen
Mais face à ceux qui réclament plus de liberté, voire même l’indépendance, Pékin verrouille tout, quitte à remettre en cause le principe fondamental "d’un pays, deux systèmes" qui régit Hong Kong depuis sa rétrocession. Le pouvoir central peut encore compter sur une frange importante de la population pour qui le sentiment d'appartenance à la nation chinoise est encore très fort.
Car si la colère gronde à Hong Kong, c'est parce qu'aux jeunes pro-démocratie qui veulent prendre leur distance avec l'Empire du Milieu s'oppose une autre génération, plus ancienne, qui elle clame son attachement à la Chine. Le milieu des affaires, qui a profité du boom économique chinois est aussi là pour rappeler pourquoi Hong Kong ne peut se passer de Pékin.
Vingt-ans après la rétrocession d'Hong Kong à la Chine, notre reporter s'est rendu dans le "Port aux Parfums" pour prendre le pouls d'une ville qui n'a pas encore achevé sa mutation et qui reste fragmentée entre deux générations, plus que jamais divisées sur leur identité.