Des critiques, de politiques français et d'opposants cubains, ont visé, dimanche, Ségolène Royal, qui représentait la France aux funérailles de Fidel Castro, après ses propos rejetant les accusations de violations des droits de l'Homme à Cuba.
Les propos de Ségolène Royal sur Fidel Castro et les droits de l’Homme à Cuba ne sont pas passés inaperçus en France. Les critiques se sont multipliées, dimanche 4 décembre, tant dans les rangs des politiques qu’au sein des opposants au régime cubain.
La veille, alors qu’elle représentait la France aux funérailles de l’ex-président cubain, la ministre de l’Écologie a salué, à Santiago de Cuba, la mémoire de Fidel Castro, "un monument de l'Histoire".
Interrogée par des journalistes sur ces mêmes violations reprochées par l'ONU et l'opposition au régime cubain, Ségolène Royal a affirmé qu'il y avait "beaucoup de désinformation". "Ce que j'observe c'est que jamais les relations diplomatiques n'ont été coupées avec Cuba, y compris de la part de certains responsables politiques qui me critiquent, qui critiquent la France, jamais", a-t-elle dit.
"Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l'Homme alors qu'on sait qu'ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n'en a pas. Et bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose", a-t-elle ajouté.
"Pire" qu’une faute politique
Ileana de la Guardia, journaliste et fille du général de la Guardia assassiné en juillet 1989, regrette profondément que la ministre ait tenu ces propos. Pour elle, Ségolène Royal "s’est mal informée avant de partir". "Je ne sais pas qui sont ses conseillers, mais il y a une réalité à Cuba depuis longtemps. Pour moi, le concept de liberté est assez clair : liberté d’expression, liberté d’association et liberté politique n’existent pas à Cuba", souligne-t-elle sur France 24.

La classe politique française a, elle aussi, vivement critiqué les déclarations de la numéro 3 du gouvernement. "Les bras vous en tombent", a réagi le président du Modem et ancien ministre François Bayrou au "Grand rendez-vous" Europe1/iTélé/Les Échos, jugeant que c'est "tellement énorme" que c'est "pire" qu'une faute politique, d'autant que Ségolène Royal parlait "au nom de la France".
Député écologiste réformiste et candidat à la primaire organisée par le PS, François de Rugy a demandé, dans un tweet, au "président de la République de désavouer ces propos sur Cuba contraires aux valeurs de la #France".
"Ce qu'a dit Ségolène Royal manque de mesure, de lucidité et de respect pour l'ensemble des victimes, incontestables et incontestées, de ce régime", a taclé le numéro deux du FN Florian Philippot, évoquant sur France Inter "des persécutions contre des opposants politiques, même contre d'autres minorités, les homosexuels, etc" et "tout sauf une grande démocratie et un merveilleux espace de respect des droits de l'Homme".
Plusieurs parlementaires Les Républicains ont aussi attaqué la ministre socialiste de l'Écologie. "Plus jamais de leçon de la 'Gôôche' sur les droits de l'homme, après l'éloge de Castro par un ministre socialiste !!!", a tweeté le député Thierry Mariani. Son collègue Guillaume Larrivé a lui asséné : "la croisière en folie : au nom de la France, @RoyalSegolene chante les louanges du tyran castriste, avec un vocabulaire néo-stalinien..."
Avec AFP