Alors que la la sécurité à bord de l'A310 disparu de Yemenia Airways est mise en cause, beaucoup s'étonnent que la compagnie ne figure pas sur la liste noire de l'Union européenne. "Pas si simple", répondent en substance les experts.
Quelques heures seulement après le crash de l’A310 de la compagnie Yemenia Airways qui effectuait la liaison entre Sanaa, la capitale yéménite, et Moroni, dans l’archipel des Comores, une polémique voit le jour.
"Le vol qui amène les passagers de Paris à Sanaa répond aux normes de l'aviation internationale. En revanche, le vol Sanaa-Moroni est très difficile. Les conditions de voyage sont délicates. Le sentiment d'insécurité est très fort", explique à FRANCE 24 Satoulou Ahmada, ex-porte-parole de la présidence comorienne.
De son côté, le site spécialisé securvol.fr classe Yemenia dans sa catégorie C des compagnies "sous réserve". Quant au secrétaire d’État français aux Transports, Dominique Bussereau, il a expliqué sur l'antenne de la chaîne française i-Télé que l'avion disparu n'avait plus volé en France depuis que "de très nombreux défauts [avaient été] constatés" dessus lors d'un contrôle en 2007, ajoutant que la compagnie à laquelle il appartenait est "très surveillée" par les autorités françaises.
Malgré tout, Yemenia Airways ne figure pas sur la liste noire des compagnies aériennes interdites dans l’Union européenne (UE), s'étonnent un certain nombre d'habitués de la ligne.
"L'appareil qui s'est écrasé n'opérait pas en France"
Contactée par FRANCE 24, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), chargée de contrôler la sécurité des avions qui décollent ou atterrissent sur le territoire français, tient à désamorcer le scandale naissant. "Attention ! Il ne faut pas faire l’amalgame entre la qualité du service à bord et l’état de l’avion", prévient dans un premier temps l’organisation. Avant de poursuivre : "En outre, l’appareil qui s’est écrasé n’opérait pas en France. Nous n’avons aucun pouvoir sur les avions au départ de Sanaa. Seul l’A330 qui effectue la liaison entre Paris et la capitale yéménite trois fois par semaine est soumis à notre contrôle et peut, éventuellement, faire l’objet d’une inscription sur la liste noire européenne."
La décision doit alors être prise collectivement par les Vingt-Sept, après constitution d’un dossier recensant les défaillances constatées sur l'appareil dans plusieurs pays de l’UE. Mais pour l’heure, ce n’est pas la question de la sécurité à bord de celui-ci qui est posée… Et quand bien même cet avion mériterait de figurer sur la fameuse liste établie par Bruxelles, l'Union indique qu'elle ne garantit en rien l'exhaustivité du document : "Compte tenu du caractère aléatoire [des] inspections, il n’est pas possible de contrôler tous les avions qui atterrissent dans chaque aéroport de la communauté. Le fait qu’une compagnie aérienne ne figure pas sur la liste communautaire ne signifie donc pas automatiquement qu’elle respecte les normes de sécurité applicables."
Les autorités yéménites ont, quant à elles, une façon beaucoup plus expéditive de régler la question : "L'avion a décollé sans aucun problème technique", déclare Ali Sumairi, le direcreur adjoint de Yemenia Airways, au micro de FRANCE 24.